6/11 – Nouvelles centrales nucléaires en Europe : comment surmonter les obstacles au financement ? - Sfen

6/11 – Nouvelles centrales nucléaires en Europe : comment surmonter les obstacles au financement ?

Publié le 30 avril 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
centraleblaye

L’Union européenne s’est fixé des objectifs ambitieux pour le climat et l’énergie. Il s’agit d’assurer à la fois notre sécurité énergétique, un prix de l’énergie non pénalisant par rapport aux autres régions du monde, et de réduire de 40 % les émissions de CO2 en 2030 par rapport à 1990. Face à ces enjeux, l’énergie nucléaire a un rôle à jouer. D’ailleurs, des scénarios ont été élaborés par la Commission européenne en 2012 dans le cadre d’« Energy Roadmap 2050 », suggérant le maintien de la part du nucléaire à la hauteur de 20 % dans la production d’électricité. Compte tenu des mises à l’arrêt futures des centrales en exploitation (120 GWe aujourd’hui dans l’UE), cela impliquera la construction et la mise en service d’environ 100 GWe de nouvelles capacités nucléaires d’ici 2050. Un tel programme semble parfaitement réalisable, si l’on se rappelle que sur le même périmètre géographique 80 GWe de capacité nucléaire ont été mises en service en 10 ans entre 1980 et 1990, dont la moitié en France…

Une filière atone en Europe

Mais depuis, le contexte politique, économique et énergétique a beaucoup changé. Le rythme d’investissement actuel est très lent et les conditions nécessaires à une accélération ne sont pas réunies. Aujourd’hui dans l’UE, deux EPR sont en construction en Finlande et en France, et deux VVER en Slovaquie. Si l’on recense les projets de nouveaux réacteurs susceptibles de se concrétiser d’ici 2030, le paysage se présente ainsi : dix réacteurs projetés au Royaume-Uni, portés par trois consortiums (EDF Energy, Horizon, NuGen), un en Finlande (Fennovoima), deux en Hongrie (Paks 2), deux en Roumanie (Cernavoda 3-4), un en Bulgarie (Kozloduy 7). La Pologne annonce 6 000 MWe à mettre en service entre 2027 et 2035. La situation reste plus indécise en République tchèque, dont le gouvernement annonce une part nucléaire de 50 % vers 2040 mais a refusé de garantir un prix d’électricité à CEZ pour son projet de nouveau réacteur. Même situation en Slovaquie qui évoque un futur projet à Bohunice mais doit d’abord achever Mochovce 3-4 et en Lituanie dont le gouvernement reste intéressé par un nouveau réacteur malgré un référendum négatif. Au total, on peut envisager la mise en service de 20 GWe d’ici 2030. Cependant seuls les deux EPR de Hinkley Point au Royaume-Uni, le VVER de Fennovoima en Finlande et les deux VVER en Hongrie sont proches à ce jour d’avoir sécurisé leur financement, combinant partenariat d’investisseurs directs et emprunts. Certains projets cherchent leur financement parfois depuis plusieurs années, tel Cernavoda 3-4 dans lequel pourrait entrer l’investisseur chinois CGN.

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par Didier Beutier, Vice-président – Section Technique n°8 Économie et stratégie énergétique (ST8) – SFEN