La stratégie d’EDF : miser sur la complémentarité des énergies bas carbone
Face à l’urgence climatique et alors que se tient le One Planet Summit, EDF vient d’annoncer un grand plan pour accélérer la décarbonation de la France en investissant massivement dans le solaire, en complément d’un nucléaire plus que jamais indispensable.
Demain, le mix électrique devra répondre à un double impératif : demeurer bas carbone (grâce à son socle nucléaire et les installations renouvelables, 94 % de l’électricité française est déjà décarbonée) et contribuer à décarboner les secteurs du transport et du chauffage, principaux émetteurs de gaz à effet de serre. L’électricité, ne représente en effet que 23 % de la consommation d’énergie finale de la France. Produite par des sources décarbonées, nucléaire et renouvelables, l’électricité est l’énergie du futur, celle qui permettra l’avènement d’un monde post carbone. En effet, la terre est notre seule et unique planète et toutes les mesures doivent être prises pour soutenir et accélérer notre lutte commune contre le changement climatique. Or, selon un rapport d’Oil Change-Amis de la Terre-WWF-Sierra Club, banques de développement et institutions publiques liées au G20 dépensent annuellement 72 milliards de dollars dans des projets liés aux fossiles, quatre fois moins pour les énergies propres. Autant d’argent qui pourrait participer à la transition énergétique. C’est pour cette raison que le PDG d’EDF a expliqué au micro d’Europe 1, mardi 12 décembre, qu’« à l’horizon de 2035 il y a aura de la place pour beaucoup de nucléaire et aussi beaucoup d’énergie solaire et éolienne. »
L’électricien vient en effet de faire une annonce structurante. Il prévoit d’installer 30 GW de capacités solaires supplémentaires en France à l’horizon 2035. Ce plan, a rappelé, Jean-Bernard Levy, n’entrainera pas de fermeture de centrale nucléaire. La complémentarité entre nucléaire et renouvelable est réaffirmée : « Il n’est pas question de toucher d’un cheveu au grand carénage », programme visant à prolonger la durée d’exploitation des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, avait expliqué lundi le PDG, rappelant le lendemain que « c’est grâce au nucléaire que les Français paient une électricité nettement moins chère que dans les pays voisins. » Le nucléaire reste d’autant plus indispensable que la France n’est ensoleillée qu’entre 1000 et 1400 heures par an (en équivalent plein soleil) selon les régions. En 2035, l’énergie solaire française, avec près de 40 GW installés, produira environ 8 % de la production d’électricité du pays. Cette nouvelle source de production permettra ainsi de favoriser les nouveaux usages de l’électricité, comme la mobilité électrique, le ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, ayant acté la fin des véhicules thermiques pour 2040.
Toutefois, le défi semble immense pour engager matériellement cet investissement puisque « 25 à 30 000 hectares » seront nécessaires, l’équivalent de 40 000 terrains de football. Face à ce défi, l’électricien, qui compte sur le soutien des pouvoirs publics, montre l’exemple : « nous avons déjà commencé à installer des panneaux solaires sur le parking de la centrale nucléaire du Blayais » (voir photo) a rappelé son PDG. L’emprise au sol du solaire est en effet considérablement plus élevée que celle du nucléaire, comme l’illustre le graphique de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ci-dessous.