L’US Air Force livre un réacteur nucléaire par les airs
C’est une première mondiale. L’US Air Force a fait transporter un microréacteur nucléaire (non chargé) par avion. L’opération était destinée à faire la démonstration du déploiement rapide et efficace de système énergétique nucléaire pour des applications militaires et civiles. Cette opération s’inscrit dans la démarche américaine de relance du nucléaire, portée par les décrets du président américain signés en mai 2025.
Le microréacteur de la société Valar Atomics est parti le 15 février 2026 de la base aérienne de March, en Californie, jusqu’à la base aérienne de Hill, dans l’Utah. Démonté en huit modules, le réacteur aura nécessité pour son transport trois C-17 Globemaster III, un avion spécialisé dans le transport militaire. Il a ensuite été transféré au Utah San Rafael Energy Lab, son lieu d’essai et d’évaluation. L’entreprise avait débuté la construction du site d’accueil en septembre 2025. Le combustible a été transporté séparément en provenance du site de Nevada National Security Site (NNSS).
Une démonstration du déploiement rapide
Dans le cadre de l’opération Windlord, avec l’US Air Force et le Département de l’Énergie (DOE), le vol avait pour objectif de démontrer le déploiement rapide de ce type de réacteur. S’il nécessite un réassemblage et un chargement en combustible à l’arrivée, ce petit réacteur peut être mis en place rapidement dans des zones reculées ou encore pour des situations de secours à la suite de catastrophes naturelles.
« La livraison et l’installation réussies de ce réacteur ouvrent d’importantes perspectives pour l’avenir de la résilience énergétique et de l’indépendance stratégique de la défense de notre nation, illustrant une approche agile, innovante et axée sur les intérêts commerciaux pour résoudre les défis liés aux infrastructures critiques. », détaille l’US Department of War dans son communiqué.
La « renaissance » du nucléaire américain
Valar Atomics fait partie des dix nouvelles entreprises sélectionnées par le département de l’énergie dans le cadre du programme Reactor Pilot Program lancé en juin 2025, qui vise la divergence d’au moins trois prototypes de réacteur avancé d’ici le 4 juillet 2026. Ce nouveau programme s’inscrit dans la lignée des décrets signés en mai 2025 par le président Donald Trump pour la relance du nucléaire sur le territoire américain et traduit la stratégie nucléaire américaine en faveur des réacteurs innovants. Le précédent programme Advanced Reactor Development Program commence lui à porter ses fruits, notamment avec TerraPower qui a annoncé en mars 2026 l’obtention de son permis de construire pour son réacteur refroidi au sodium.
« La renaissance nucléaire américaine consiste à relancer le processus, rapidement et prudemment, grâce aux capitaux privés, à l’innovation et à la détermination américaines. Le président Trump a signé plusieurs décrets qui ont permis une réforme en profondeur de tout ce qui freinait le développement de l’industrie nucléaire américaine », a déclaré Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie, lors de l’évènement.
Le réacteur avancé Ward250
Le Ward250 est un réacteur à haute température refroidi au gaz (hélium), utilisant du combustible Triso à base d’uranium moyennement enrichi (Haleu) et un modérateur en graphite. D’une puissance d’environ 100 kWth, le réacteur modulaire est adapté à la production d’électricité et de chaleur à très haute température. Valar Atomics mise sur la production massive et en série de son réacteur et prévoit également l’approvisionnement de grands sites consommateurs par des centaines de ses microréacteurs.
Le microréacteur de Valar pourra être déployé, d’une part, sur les bases militaires isolées déconnectées du réseau électrique civil ou pour les opérations militaires à l’étranger, assurant ainsi l’autonomie énergétique des forces armées américaines. La réalisation d’un transport de la sorte contribue à promouvoir cette application. D’autre part, il pourra également faire partie du domaine civil en répondant notamment aux besoins de chaleur des industriels, mais aussi pour la production d’hydrogène ou encore pour l’alimentation des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. ■