La Corée du Sud confirme la construction de deux nouvelles unités nucléaires d’ici 2038
Alors que des incertitudes planaient sur la politique nucléaire de la République de Corée depuis l’arrivée d’un nouveau gouvernement en juin 2025, le ministre du Climat, de l’Énergie et de l’environnement, Kim Sung-hwan, a confirmé l’objectif de mettre en service deux nouvelles unités de forte puissance d’ici à 2038.
Après s’être assuré du soutien de la population, le gouvernement démocrate a annoncé fin janvier la construction de deux unités de forte puissance (2,8 GWe) pour une mise en service d’ici à 2038[1]. Cette annonce a permis de clarifier la position du pays sur l’énergie nucléaire, après plusieurs mois de débats internes et de consultations. En effet, en septembre 2025, le Ministre du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement[2] évoquait la possibilité de suspendre les projets de construction.
Dans la foulée, l’industriel KHNP s’est lancé à la recherche d’un site de construction qu’il espère bien sélectionner dès 2027 afin d’engager au début de la prochaine décennie la construction de ses deux nouveaux APR1400. À ce projet, pourrait également s’ajouter 700 MWe de petits réacteurs modulaires. Avec les unités de Saeul qui seront très prochainement mises en service, la République de Corée va ainsi faire grossir sa capacité nucléaire installée de 6 GW dans les quinze prochaines années.
Des enquêtes d’opinion favorables au nucléaire
Les deux enquêtes d’opinion commandées par le ministre de l’Énergie et réalisées en début d’année, ont certainement rassuré les décisionnaires. La presse rapporte ainsi que plus de 80 % des répondants considèrent l’énergie nucléaire comme nécessaire et environ 60 % des sondés soutiennent le lancement de nouveaux chantiers[3].
Par ailleurs, il faut dire que le gouvernement ambitionne de tripler les ventes annuelles de véhicules électriques et à hydrogène d’ici à 2030 en passant de 220 000 véhicules vendus en 2025 à 700 000 en 2030[4]. Si nous ajoutons à cela le développement de l’intelligence artificielle, mentionné par le Ministre, et l’objectif d’arrêter les centrales électriques au charbon d’ici à 2040 – qui assurent un tiers de la production d’électricité – le nucléaire s’impose comme une option incontournable.
L’avenir du nucléaire sud-coréen
Le pays du Matin calme compte aujourd’hui 26 réacteurs nucléaires en exploitation assurant un tiers de la production d’électricité. Son réacteur de troisième génération, l’APR1400, compte quatre unités en exploitation sur la péninsule, quatre autres aux Émirats arabes unis, et enfin deux tranches sont en cours de finalisation à Saeul. Le lancement de deux nouvelles unités va permettre à la filière sud-coréenne de continuer à se projeter, malgré son retrait global du marché européen (Suède, Slovénie, Pays-Bas, Pologne) en 2025. ■
Par Gaic Le Gros, journaliste indépendant
Image : Kim Min-seok, Premier ministre de la Corée du Sud – @ CHRIS JUNG / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
[1] South Korea targets new reactors – Nuclear Engineering International.
[2] Le ministre de l’Environnement émet la possibilité de suspendre les plans de construction de nouveaux réacteurs nucléaires | Agence de presse Yonhap.
[3] 62 % dans le sondage de RealMeter et près de 70 % dans celui de Gallup Korea, selon le Seoul Economic Daily.
[4] Climate minister vows efforts to expand EVs, lower corporate burden from electricity rates | Yonhap News Agency.