28.08.2018

Pour son autre réacteur, Bill Gates bénéficie du soutien du gouvernement américain

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Par Tristan Hurel (SFEN)

TerraPower, qui développe un réacteur à sel fondu avec le soutien de l'exploitant Southern et du gouvernement fédéral, va lancer en 2019 les tests en vue de sa certification.

Bill Gates, fondateur de Microsoft et incarnation du milliardaire philanthrope est aussi à la tête de TerraPower. Cette start-up, plus connue pour son Traveling Wave Reactor, réacteur à neutron rapides refroidi au sodium, développé en Chine en partenariat avec CNNC, poursuit des études sur un réacteur rapide utilisant des chlorures fondus comme caloporteur et combustible : le MCFR, pour Molten Chloride Fast Reactor.

Dès 2016, TerraPower avait reçu le soutien financier du département de l’énergie américain, qui avait alloué 40 millions de dollars au projet. Le réacteur remporte alors une compétition du Département d'Etat à l'énergie (DOE) concernant les technologies de réacteurs à sel fondu. Ce partenariat public-privé regroupe, au côté de TerraPower, l'exploitant nucléaire Southern Company, le laboratoire national d'Oak Ridge, l'Electric Power Research Institute ainsi que l'université Vanderbilt.

Au travers du programme GAIN - vaste plan de soutien fédéral aux start-ups nucléaires - et via le laboratoire d’Oak Ridge et d’autres laboratoires fédéraux, le DOE fournit notamment une aide matérielle et scientifique précieuse aux équipes du projet, lui permettant de valider un certain nombre d’idées et d’innovations, notamment concernant les enjeux liés à la corrosion des matériaux. 28 millions de dollars ont déjà été investi par le département d’Etat pour identifier et tester les matériaux qui pourraient être utilisés dans le MCFR.

Le soutien du DOE est visible sur internet. Celui-ci n’hésite pas à communiquer sur son investissement, rappelant que ce type de réacteur « pourrait alimenter le futur énergétique des Etats-Unis ».

TerraPower et Southern Company sont encore dans une phase de conception. En 2019, si tout se passe bien, les deux entreprises commenceront à valider les systèmes de sûreté du réacteur dans une installation test de 20 millions de dollars en vue de sa certification par l’autorité de sûreté américaine. Après cette phase, un réacteur de test devrait être mis au point, avant qu’un prototype de 1 100 MW voit le jour, à l’horizon 2030.

Crédit photo : TerraPower

Légende : Laboratoire de TerraPower, à Bellevue, dans l'Etat de Washington