23.07.2019

Ouzbékistan : et de quatre !

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par Maruan Basic (SFEN) - Crédit photo ©Shutterstock

La toute première centrale nucléaire d’Asie centrale, située dans le district du Farish en Ouzbékistan, va pouvoir accueillir 4 unités et non 2 comme prévu initialement. Ce méga projet de 13 milliards de dollars, remporté par le géant russe Rosatom, permettra d’alimenter ce pays de plus de 30 millions d’habitants en électricité bas carbone.

Le Ministre de l’énergie ouzbek Alicher Soultanov a confirmé l’information dans la presse. La future centrale nucléaire du pays verra le jour à proximité du lac Tuskan et sera dimensionnée pour accueillir 4 réacteurs. La première unité devrait sortir de terre en 2028, suivie par une seconde unité en 2030. Le projet permettra la création de 8 000 emplois et plus de 2 000 postes sur toute la durée de l’exploitation.

La Russie, un partenaire stratégique

Depuis 2018, la Russie et l’Ouzbékistan ont signé un accord de partenariat dans le domaine du nucléaire civil. Si d’autres candidats ont été envisagés (Américain, Français et Chinois), c’est bien Rosatom qui a remporté le contrat. L’Ouzbékistan, ancienne république socialiste de l’Union soviétique, entretient de fortes relations avec Moscou qui est son deuxième partenaire commerciale.

À l’export, Rosatom développe uniquement des réacteurs ayant déjà été exploités sur son marché intérieur, notamment la technologie VVER (le réacteur à eau pressurisée russe). Il s’agit plus particulièrement du modèle de génération III+, le VVER-1200 (également connu sous le nom de AES-2006), démarré à Novovoronezh-6 en mai 2016. Ce sont ces modèles de troisième génération qui ont été retenus pour la centrale ouzbek. D’une capacité de 1200 MWh, le VVER-1200 est la vitrine du savoir-faire russe en matière de réacteur nucléaire.

Un pays encore largement tributaire des énergies fossiles

L’Ouzbékistan est la deuxième puissance économique de la région, sa population représente la moitié de l’Asie centrale. Du fait d’une économie dynamique et d’une démographie en progression, les experts anticipent une hausse de la demande en électricité de 25 % à horizon 2030.

Pour répondre à ses besoins, l’Etat doit rechercher de nouvelles sources de production d’électricité, dans un pays qui connait fréquemment des coupures de courant. Actuellement, l’Ouzbékistan produit 88 % de son électricité à partir de ses réserves en gaz naturel. Une manne que le gouvernement espère récupérer pour l’export plutôt que de l’utiliser dans un usage domestique.

A côté du projet de centrale nucléaire, les pouvoirs publics investissement également dans les énergies renouvelables, principalement le solaire grâce au 320 jours d’ensoleillement annuel que connait l’Ouzbékistan.

Signataire de l’Accord de Paris, Tachkent mise donc sur le tandem énergie nucléaire et renouvelables pour décarboner son économie et assurer ses besoins futurs en électricité.