La relance du nucléaire dans le monde – édition 2026
En 2026, la relance du nucléaire change de dimension. Elle ne répond plus seulement aux impératifs climatiques : face à l’accélération de l’électrification, au retour des tensions sur les énergies fossiles et aux enjeux de souveraineté industrielle, l’atome s’impose au cœur du nouvel ordre énergétique mondial.
Cette dynamique se traduit désormais dans les chiffres. En 2025, la production nucléaire mondiale a atteint un nouveau record de 2 702 TWh. Près de 80 réacteurs sont aujourd’hui en construction et les investissements mondiaux dans la filière dépassent 80 milliards de dollars par an. Dans son scénario haut, l’AIEA estime désormais que les capacités nucléaires pourraient plus que tripler d’ici à 2060.
Mais cette relance prend des formes très différentes selon les régions. La Chine poursuit un programme de construction sans équivalent et dépasse désormais la France en puissance nucléaire installée. Les États-Unis multiplient les initiatives pour accélérer le déploiement des grands réacteurs comme des technologies avancées. L’Europe prépare de nouvelles capacités, prolonge largement son parc existant et s’engage dans le développement des SMR. Dans le même temps, le Japon relance ses réacteurs, l’Inde ouvre davantage sa filière au secteur privé et plusieurs pays africains se positionnent, de l’extraction d’uranium aux premiers projets électronucléaires.
De nouvelles dynamiques accélèrent encore ce mouvement. Les géants de la tech contribuent désormais directement à la prolongation de centrales et au financement de nouveaux réacteurs pour répondre aux besoins de l’intelligence artificielle. La chaleur nucléaire gagne du terrain, les premiers projets de SMR entrent dans une phase de déploiement, les investissements dans le cycle du combustible repartent à la hausse et la fusion rejoint progressivement les stratégies industrielles nationales.