Contribution de la Sfen à la consultation publique de RTE sur l’actualisation de l’étude « Futurs énergétiques 2050 »
RTE a lancé le 3 avril 2026 une consultation publique portant sur le cadrage et les hypothèses de l’exercice d’actualisation de l’étude « Futurs énergétiques 2050. LA Société Française d’Énergie Nucléaire (Sfen) a souhaité contribuer aux échanges à travers cette position.
La Sfen salue la qualité des premiers travaux, ainsi que l’organisation du processus de concertation. Cette étude, qui permettra de tester la robustesse de certains scénarios, est un levier essentiel pour éclairer le débat de politique énergétique au moyen d’outils d’analyse communs à l’ensemble des experts et parties prenantes.
– En préambule, la Sfen rappelle les limites d’un exercice à l’horizon 2050 et insiste sur la principale finalité de l’étude, qui est d’éclairer les décisions sans regret à prendre aujourd’hui, comme celle d’engager un programme de constructions neuves. La France devra rester manoeuvrante pour adapter la production à la trajectoire effective de demande. Les technologies, en fonction du temps nécessaire à la réalisation des projets et de leur complexité, joueront un rôle différent.
– La première recommandation concerne la nécessité de réaliser de nombreux stress tests, à la fois sur les conditions météorologiques extrêmes et la stabilité des réseaux électriques, notamment en termes de tension et de fréquence
– La seconde recommandation concerne les méthodes de calcul des coûts. La Sfen recommande une valeur uniforme du coût du capital entre les technologies, et propose de retenir la valeur de 5%, différente de la valeur de 6% proposée par RTE. Elle insiste sur la nécessité d’étudier la valeur économique résiduelle du système à 2050, et propose de ne pas inclure dans les calculs les coûts échoués, en particulier ceux du palier EPR2.
-La troisième recommandation concerne l’importance de qualifier le contenu industriel de chaque scénario, dans la lignée du rapport Draghi. Même si cela sort du strict cadre de l’étude RTE, la dimension de l’apport de chaque filière en termes d’autonomie stratégique industrielle doit demeurer présente à chaque stade de l’analyse et de ses conclusions.