Un arrêt de tranche, c’est quoi ? - Sfen

Un arrêt de tranche, c’est quoi ?

Publié le 1 décembre 2023 - Mis à jour le 4 décembre 2023
Vos questions

Pour le parc français comprenant 56 réacteurs nucléaires, 43 arrêts sont effectués en moyenne chaque année. Au cœur de la vie d’une centrale nucléaire, ces arrêts sont programmés et ont un rôle majeur pour l’efficacité de la production d’électricité. On parle d’arrêt de tranche. De quoi s’agit-il ?

L’activité d’un réacteur nucléaire se découpe en deux phases. On retrouve d’abord la production (on parle de « tranche en marche »). Elle correspond à la production d’électricité. Elle se déroule sur 12 à 18 mois et est fixe, car elle répond à des contraintes physiques liées aux combustibles.
L’autre phase, c’est l’arrêt du réacteur, on parle « d’arrêt de tranche », c’est le moment de réaliser de multiples opérations sur les réacteurs. Ces arrêts sont en général effectués sur les saisons estivales, lorsque la demande d’électricité est la plus faible.

L’arrêt d’un réacteur, une étape obligatoire

Il existe 3 types d’arrêt de tranche, qui ont chacun leur utilité, fréquence et durée.

  1. L’arrêt pour simple rechargement (ASR). Il coïncide avec les calendriers de production car il se déroule tous les 12 ou 18 mois. D’une durée de 35 jours environ, cet arrêt permet uniquement le rechargement d’un tiers ou d’un quart du combustible.
  2. La visite partielle (VP). Elle est effectuée en alternance avec l’ASR. En plus de permettre le rechargement en combustible, elle permet d’effectuer des opérations de contrôle et maintenance. Suivant le nombre d’opérations programmées, la visite partielle peut avoir une durée allant de 60 jours à 90 jours.
  3. La visite décennale (VD). C’est l’arrêt le plus long. Sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), cette opération se déroule tous les 10 ans. Elle regroupe des opérations de contrôles réglementaires bien plus approfondies. En particulier, trois étapes techniques majeures sont réalisées. Une épreuve hydraulique pour contrôler l’efficacité du circuit primaire. Une inspection robotisée de la cuve du réacteur pour contrôler l’intégrité des soudures et du revêtement. Une épreuve d’enceinte permettant de tester la résistance de l’enceinte en béton ceinturant le bâtiment réacteur. Cette visite peut atteindre 180 jours suivant le nombre d’activités prévues. À l’issue de cette visite, l’ASN décide si le réacteur peut prolonger son fonctionnement pour une durée de 10 ans.

Les jalons d’un arrêt de réacteur nucléaire

Sept étapes jalonnent un arrêt de réacteur, quel que soit son type.

1) La mise à l’arrêt du réacteur qui consiste à refroidir et à baisser la pression des circuits. La production de vapeur s’arrête et la turbine et l’alternateur suspendent leur activité.
2) Le couvercle de la cuve est ouvert.
3) L’intégralité du combustible est extrait. Il transite dans un tunnel immergé jusqu’à la piscine d’entreposage des assemblages de combustible.
4) Une fois le réacteur vide, celui-ci peut être contrôlé et les opérations de maintenance peuvent débuter.
5) Le réacteur est rechargé en combustible. Une partie provient du combustible déchargé et entre un tiers et un quart de combustible est renouvelé.
6) La cuve est refermée et le circuit primaire mis sous vide.
7) Le réacteur est redémarré avec la validation de l’ASN.

Un arrêt de tranche, ça se prépare !

L’activité sur une centrale nucléaire tourne majoritairement autour de ces arrêts. Leur réussite et le respect des calendriers conditionnent la performance des niveaux de production d’EDF. Aussi, les préparatifs sont engagés plusieurs mois avant l’arrêt, durant la phase de production. À titre d’exemple, une visite partielle de trois mois se prépare trois mois à l’avance. Récemment, EDF a présenté le programme Start 2025 pour optimiser les arrêts de tranche en se consacrant principalement sur l’aspect managérial et le développement des compétences des salariés dans les centrales. ■

Par François Terminet (Sfen)

Photo : Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher, ©EDF – Didier Marc/PWP

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