Portrait – Laura, Bettina, Christian : « Rester motivé-e-s ! » - Sfen

Portrait – Laura, Bettina, Christian : « Rester motivé-e-s ! »

Publié le 31 août 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Laura Karduck, Bettina Roos et Christian Frey ont été embauché-e-s à la centrale nucléaire de Biblis alors que la prolongation de son fonctionnement avait été acquise. Depuis 2011, leurs métiers respectifs ne sont plus tout à fait les mêmes. Mais, avec leurs collègues, ils gardent le sourire et préfèrent voir le verre à moitié plein.

« Les perspectives ont changé ! » sourit Laura Karduck. Arrivée il y a 5 ans dans l’équipe Chimie de la centrale, la jeune femme travaille désormais à la surveillance de l’environnement, au service Prévention des risques. Il est vrai que depuis 2010, la stratégie a changé plusieurs fois : arrêt anticipé, puis prolongation de la durée de fonctionnement, puis de nouveau mise à l’arrêt et enfin déconstruction… « En 2010, l’ambiance était très motivante, les résultats de Biblis étaient bons et la prolongation de la durée de fonctionnement a donné un nouveau souffle » se souvient la jeune femme. « Maintenant, nous avons une mission concrète : il faut déconstruire. On aurait sûrement pu faire autrement. Mais la décision politique doit être respectée » sourit-elle.

À 37 ans, Christian Frey est à Biblis depuis 10 ans. Chef d’exploitation, il a dû gérer au quotidien la limitation de la production de la centrale exigée par la loi Atomique. À l’époque, les équipes ne croyaient pas encore vraiment à la fermeture définitive. Christian se souvient des mots de son chef de service d’alors : « on verra bien ! »

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Bettina Roos et Laura Karduck

Maintenant, Christian a changé de métier. Il est chef du service Formation et travaille plus particulièrement à la rédaction des procédures d’exploitation, notamment accidentelles. Dans le projet « Mise à l’arrêt et déconstruction », il est chargé des dossiers de demande d’autorisation. « Après Fukushima, la situation était très frustrante. Il a fallu réfléchir et savoir si on voulait rester dans le nucléaire ou pas. Aujourd’hui, je pense que la déconstruction peut offrir des perspectives intéressantes » explique-t-il tout en reconnaissant qu’il « préférerait faire tourner la centrale, c’est clair ! »

Bettina Roos travaille depuis 2004 au service du personnel de Biblis. Avant le début du projet Déconstruction, elle était directement rattachée à la centrale. Maintenant « dans le programme de réduction des coûts opérationnels de Biblis, je suis rattachée aux services centraux de RWE » précise-t-elle. Après avoir été embauchée pour la prolongation de l’exploitation, elle a travaillé à la réduction des effectifs et à la restructuration des équipes. « Pour la déconstruction, nous devons arriver à une organisation autour de 250 personnes. Cela veut dire de nouveaux métiers, de nouvelles collaborations, de nouveaux défis » annonce Bettina.

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Horst Kemmeter, Directeur de Biblis A&B et Christian Frey

S’adapter et rester motivé-e-s

Pour les trois jeunes gens, deux mots résument l’état d’esprit de celles et ceux qui entament la déconstruction : ADAPTATION et MOTIVATION. La réduction des effectifs s’étant faite sur la base du volontariat, celles et ceux qui sont restés à Biblis l’ont choisi. En 2012, une enquête auprès du personnel a donné des résultats très positifs quant à l’état d’esprit des équipes.

« Au labo Environnement, nous avons beaucoup de choses à faire. Les tâches sont différentes » se réjouit Laura. Christian renchérit : « On apprend de nouveaux métiers, on coopère beaucoup avec les experts. Optimiser le fonctionnement, c’est intéressant ! » Mais il sait aussi que ses concitoyens ont une image fausse du nucléaire : « En Allemagne, on pense que le nucléaire est plus dangereux que le CO2… »

Laura, elle, constate que « les anciens ont des liens très forts avec le site. Eux, il faut vraiment les accompagner. Mais il est sûr que les métiers sont de plus en plus polyvalents. Une personne qui veut rester à Biblis doit être prête à se qualifier à d’autres métiers ». Elle remarque aussi que « plus de la moitié des salariés sont partis. Mais le travail est resté. Alors les gens se rapprochent. » 

Par la Rédaction