23.06.2020

Le plan de relance de l'AIE propose un investissement dans le nucléaire

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AIE,
Plan de relance,
Économie
La rédaction (SFEN)

L'investissement dans les centrales nucléaires existantes, les nouvelles constructions nucléaires et l'innovation dans les petits réacteurs modulaires (SMR) figurent parmi les mesures proposées par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans un nouveau rapport. Il s’inscrit dans le plan de relance économique COVID-19 axé sur l'énergie et vise le soutien à une large gamme de technologies d'énergie propre.  

Lors d'un point de presse pour le lancement du rapport, le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol, a abordé la question sur les nouveaux investissements dans le nucléaire. « Les trois principales politiques que nous examinons actuellement sont : les énergies renouvelables solaires etc. ; l'amélioration de l'efficacité énergétique dans les maisons, le secteur manufacturier etc. ; et les réseaux de construction. Mais en plus, de nombreux gouvernements dans les pays qui ont des centrales nucléaires, en particulier dans les économies avancées, à mon avis, devraient prolonger la durée de vie du nucléaire existant qui peut être une source très importante de production d'électricité, et qui nous aidera à réduire les émissions ».

L'AIE basée à Paris affirme que l'ensemble des actions politiques et des investissements ciblés sur la période 2021-2023 qu'elle a décrit dans son rapport sur « Les perspectives énergétiques mondiales sur la récupération durable », peut atteindre une série de résultats significatifs, comme : stimuler la croissance économique mondiale en moyenne de 1,1 point/an ; sauver ou créer environ neuf millions d'emplois/an ; et réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l'énergie, de 4,5 milliards de tonnes.

En outre, le plan apporterait d'autres améliorations en matière de santé et de bien-être, notamment via la réduction de 5 % des émissions de pollution atmosphérique, offrant l'accès à des solutions d’équipement « propre » à environ 420 millions de personnes dans les pays à faible revenu et permettant à près de 270 millions de personnes d’accéder à l'électricité. Pour atteindre ces résultats, il faudrait un investissement mondial d'environ 1 000 milliards de dollars/an au cours des trois prochaines années, selon le rapport. Cette somme représente environ 0,7 % du PIB mondial actuel.

En réponse au rapport, la directrice générale de l'Association nucléaire mondiale (ANM)[1], Agneta Rising, a déclaré que, pour une transition durable vers un avenir énergétique propre, « les nouvelles centrales nucléaires doivent jouer un rôle important ». En effet, avec plus de 100 nouveaux réacteurs déjà prévus pour être opérationnels dans les années 2020, un solide soutien politique pourrait relancer les investissements et les emplois, de l’ordre de dizaines de milliers d'emplois, et ce sur toute la chaîne d'approvisionnement ». Le rapport fait des recommandations dans ce sens en demandant aux gouvernements de fournir un soutien aux investissements et d’encourager les accords de partage des coûts.

Il faut noter qu’en plus de la construction, la phase d'exploitation des centrales nucléaires, d'une durée de 60 ans ou plus, créé un grand nombre d'emplois hautement qualifiés à long terme qui profitent particulièrement aux communautés locales. « Cette accélération de nouveau nucléaire soutiendrait une croissance économique durable à long terme et apporterait une contribution majeure à l'objectif Harmony de l'industrie nucléaire mondiale, qui vise 1 000 GWe de nouvelle capacité nucléaire d'ici 2050 », conclut Agneta Rising.

Le rapport de l'AIE confirme que l'extension des opérations des centrales nucléaires existantes soutiendra des milliers d'emplois et évitera plus d'émissions par GW que toute autre option bas carbone. Il indique également que l'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires « améliorerait la sécurité électrique en réduisant le risque de coupures, en augmentant la flexibilité, en réduisant les pertes et en aidant à intégrer une plus grande part d'énergies renouvelables variables telles que l'éolien et le solaire photovoltaïque ». En outre, l'extension de l'exploitation des centrales nucléaires existantes « réduirait les importations de combustibles fossiles, améliorerait la sécurité électrique en renforçant la flexibilité du système électrique et réduirait le coût de l'électricité pour les consommateurs ».

Au-delà de ce rapport, il est intéressant de noter que ces contenus rejoignent ceux publiés récemment par la SFEN, notamment dans un avis intitulé « Le nouveau nucléaire doit faire partie du plan de relance de l’économie française » de mai 2020.

[1] Fondée en 2011 en remplacement de l'Institut Uranium, l'ANM est une organisation internationale qui fait la promotion de l'industrie nucléaire mondiale, de l’extraction de l'uranium à la construction de réacteurs nucléaires et de leur exploitation, en passant par le transport des matières et des déchets radioactifs. Accréditée auprès des Nations Unies, l'ANM est une organisation indépendante à but non lucratif, financée principalement par les cotisations de ses membres.