« Nuward est le projet de SMR européen pour l’Europe ! », assure Renaud Crassous - Sfen

« Nuward est le projet de SMR européen pour l’Europe ! », assure Renaud Crassous

Publié le 5 décembre 2023
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Pendant le World Nuclear Exhibition (WNE) qui s’est déroulé du 28 au 30 novembre dernier (retrouvez le Live ici), de nombreux concepts de Small Modular Reactors (SMR) ont été présentés. Parmi ceux-là le SMR français Nuward, porté par EDF et Framatome a été beaucoup mis en valeur. Entretien avec Renaud Crassous, Président de Nuward.

Les présentations sur Nuward ont attiré beaucoup l’attention durant le WNE. Est-ce que votre SMR est la star du salon ?

Je crois que la star du salon est la prise de conscience que le nucléaire peut contribuer énormément à la transition énergétique. Désormais, il y a une conviction de plus en plus large sur ce point. Tous les gens qui travaillent dans l’industrie nucléaire en sont convaincus. C’est pour ça qu’ils se lèvent tous les matins. Ce que je trouve surtout frappant sur le WNE est que nous avons de plus en plus de visites de personnels politiques, de décideurs publics et de journalistes. Nous sommes submergés par le monde.

Qu’est-ce qui a changé ?

Cela montre un retour du nucléaire perçu comme une des vraies solutions complémentaires avec l’efficacité énergétique et les renouvelables. Je ne me réjouis pas seulement du succès de Nuward, mais aussi de la présence de dizaines de startups et de la grande puissance qui reprend du « poil de la bête ».

N’oublions pas qu’il faut quand même fournir des dizaines de TWh pour compter dans la transition énergétique. Il faut donc miser sur tous ces acteurs complémentaires. Plus personne ne considère les différentes technologies nucléaires comme substituables les unes aux autres. Grande puissance, SMR, fermeture du cycle, différents usages avec par exemple les hautes températures pour l’industrie… nous avons besoin de tout.

Comment avance le projet Nuward ? La date de 2030 pour lancer un chantier semble ambitieuse.

Oui, 2030 est un calendrier très ambitieux. Mais ce n’est pas nous qui l’avons décidé au hasard. C’est un calendrier qui est dicté par le marché. Parce qu’aujourd’hui, tous les pays intéressés en Europe (République tchèque, Finlande, Grande-Bretagne, Suède…) visent un premier SMR entre 2031 et 2034. Il faut donc qu’on soit prêt juste avant en France. Cet objectif est ambitieux et nous travaillons sans relâche avec nos partenaires, dont Framatome, pour y arriver. Le projet est entré en Basic Design. Il y a des sujets techniques à résoudre encore. Nous cherchons aussi à élargir vers des contacts européens, car Nuward, c’est vraiment le projet européen pour l’Europe.

Il y a eu ce revers pour le SMR Nuscale aux États-Unis. Est-ce que cela a un impact pour Nuward ?

Cet événement ne bouscule pas les acteurs du nucléaire. Il bouscule le grand public qui découvre qu’il y a des moments difficiles dans le développement de toutes les technologies innovantes. Pour les SMR, il y a deux moments délicats à passer. Le premier se situe entre le développement de la technologie et le premier projet, le « first of a kind ». Parce qu’il faut sécuriser le financement, le site, l’opinion publique. Le deuxième passage difficile est la perspective de série de réacteurs. On sait que la compétitivité des SMR viendra de l’effet de série, de la standardisation. C’est un travail qui doit être engagé d’ores et déjà par l’industrie, les pouvoirs publics, toutes nos parties prenantes. ■

Propos recueillis par Ludovic Dupin
Photo : vision d’artiste de Nuward – @Nuward

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