Le nucléaire reste un atout économique et écologique - Sfen

Le nucléaire reste un atout économique et écologique

Publié le 26 juin 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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La viabilité de la filière nucléaire française est remise en question par certains. Pourtant son savoir-faire et les perspectives à l’international sont solides. Climat, innovations, industrialisation (et donc emplois), compétitivité : le nucléaire est une énergie d’avenir. 

 

En France, l’électricité que nous consommons n’émet pas de CO2

La France n’est pas une « anomalie » mais une « exception », voire un « exemple » à suivre. Car si la France est le pays le « plus nucléarisé du monde », elle est aussi et avant tout le pays le pays le « plus décarboné ».

La France fait partie du « club » restreint des six pays disposant d’une électricité sans CO2. Avec 97 %[1] d’électricité décarbonée, la France montre qu’il est possible de fournir une électricité de qualité, fiable et abondante tout en luttant contre le changement climatique.

En France, le tandem nucléaire (77 % de l’électricité) et renouvelables (20 %, essentiellement hydraulique) porte ses fruits. Pour pouvoir se passer des énergies fossiles, de leurs coûts financier et environnemental, il faut développer les énergies renouvelables dans les secteurs du bâtiment et des transports. Dans les transports, deuxième plus gros secteur émetteur de CO2, l’électricité est un vrai levier de « dé-carbonisation ». Le déploiement des transports ferroviaires utilisant l’électricité bas-carbone réduit notablement la consommation de pétrole et de charbon, en attendant l’essor des véhicules électriques. Dans le bâtiment, le développement des usages d’une électricité bas-carbone est aussi un vecteur important de réduction des émissions de CO2.

 

Maintenance des réacteurs et cycle du combustible : les 2 atouts de la France à l’international

Le marché du nucléaire ne se résume pas à la vente de réacteurs.

Actuellement 440 réacteurs sont exploités dans le monde dont la grande majorité est appelée à connaître d’importants travaux de maintenance et/ou un renforcement de leur sûreté dans les prochaines années. En effet, l’Agence Internationale de l’Energie estime que pour lutter contre le changement climatique, la part d’électricité nucléaire devra être de 17 % en 2050.

Dans ce marché en croissance, la filière française dispose d’au moins deux atouts. D’abord, AREVA intervient sur plus de 360 réacteurs dans le monde, en France, aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en Chine, en Corée du Sud, en Suède ou encore en Afrique du Sud. Si bien que l’ensemble de la filière exporte pour environ 6 milliards d’euros de biens et services chaque année. De plus, la France dispose d’une expérience solide : l’exploitation d’un parc nucléaire de 58 réacteurs. Cette expérience est appelée à se renforcer avec le programme Grand carénage qui permettra d’exploiter les réacteurs au-delà de 40 ans, renforçant d’autant l’expertise de la filière française pour des projets à l’international.

Le marché nucléaire est dynamique dans les pays émergents. Des fameux « BRICS » aux pays du Golfe, ils sont nombreux à miser sur le nucléaire et s’intéresser de près à la question du cycle du combustible : comment économiser la ressource uranium ? Comment recycler les combustibles usés ? Comment développer l’économie circulaire dans le nucléaire ?… Dans tous les métiers du cycle nucléaire – mines, amont et aval –, la France dispose d’un leadership technologique unique au monde et d’usines admirées par l’ensemble de l’industrie nucléaire. Aucun autre pays ne dispose d’un tel capital industriel.

 

La troisième filière industrielle de France

En dépit des difficultés actuelles, la filière nucléaire reste la troisième filière industrielle de France – juste derrière l’automobile et l’aéronautique – avec 2 500 entreprises et 220 000 salariés.

La crise qui touche le secteur de l’énergie n’épargne aucune filière : la mise sous cocon des centrales à gaz se multiplie en Europe, les leaders des panneaux solaires en Allemagne ont fait faillite, Total ferme des raffineries à cause de la baisse des prix du pétrole, les prix du CO2 se sont effondrés encourageant l’ouverture de centrales à charbon… Le nucléaire n’est pas un cas isolé. 

Pourtant, dans ce contexte, les atouts de la filière nucléaire restent solides. Enfin, il faut rappeler que le nucléaire contribue à la richesse nationale du pays avec les impôts et les taxes. En 2013, EDF a versé plus de 2 milliards d’euros de dividendes à l’Etat et payé 1,5 milliard d’euros d’impôts sur les sociétés. Dans les territoires, chaque jour, un réacteur – ils sont 58 en France – rapporte un million d’euros à la collectivité. En un mot, le nucléaire est « une machine à cash » au service de l’économie nationale.

Pour continuer à bénéficier de cet outil industriel économique et sûr, des opérations de maintenance lourdes sont prévues : le programme Grand carénage. EDF projette ainsi d’investir près de 55 milliards d’euros d’ici 2025 en rénovations, soit plus d’un milliard d’euros par réacteur. Ce qui n’est, bien évidemment pas sans conséquences positives pour l’économie et l’emploi.

 

L’électricité nucléaire : la plus compétitive pour longtemps

Le coût économique complet du parc nucléaire existant, incluant l’investissement initial consenti dans la construction et le Grand Carénage, s’établira à environ 55 €/MWh en moyenne, sur la période d’ici 2025. Ce coût est inférieur au coût de production de tout autre mode de production qu’il s’agisse des centrales thermiques à flamme (70 à 100 €/MWh) ou des renouvelables (85 à 285 €/MWh)

Le nucléaire permet à la France de préserver un prix de l’électricité compétitif par rapport aux pays voisins. En Allemagne, les ménages paient leur électricité deux fois plus cher qu’en France.

 

Les énergies bas-carbone se complètent

A l’échelle de la planète, seule la complémentarité du nucléaire et des renouvelables pourra atteindre, et même dépasser, les préconisations du GIEC : 80 % d’électricité bas-carbone en 2030, autrement dit ASAP (« as soon as possible », aussitôt que possible).

Quand se préoccupe du changement climatique, que l’on souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre et que l’on veut sortir d’un système électrique et énergétique encore dominé par les énergies fossiles, il faut changer son regard. Le nucléaire et les renouvelables sont complémentaires, elles font parties d’une même famille, celle des « énergies bas-carbone ». Face à l’urgence climatique, opposer ces énergies c’est prendre le risque d’atteindre le point de non-retour. 

 

[1] 20 % d’énergies renouvelables (essentiellement hydraulique) et de 77 % d’énergie nucléaire (Source : RTE, 2014)

Copyright photo – BURNOD JEAN LOUIS

Publié par Boris Le Ngoc (SFEN)

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