Le Nobel pour les neutrinos mutants - Sfen

Le Nobel pour les neutrinos mutants

Publié le 31 octobre 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021

Le Japonais Takaaki Kajita (directeur de l’Institut pour la recherche sur les rayons cosmiques de Tokyo) et le Canadien Arthur B. McDonald (professeur émérite à la Queen’s University au Canada) ont reçu le prix Nobel de physique pour leurs travaux sur les neutrinos, particules caméléons dont ils ont établi qu’elles avaient une masse et changeaient d’identité. Les neutrinos sont des particules qui ont la particularité de nous traverser par milliards en permanence sans produire le moindre effet. Il en existe trois sortes : muon, tau et électron. Sur terre, ils proviennent pour la plupart du Soleil (par les réactions de fusion nucléaire) ou de la collision de rayons cosmiques de très haute énergie sur les molécules de l’atmosphère.

Les détecteurs de neutrinos ont longtemps donné des résultats étranges : il manquait toujours une partie des particules prévues par la théorie. Ce sont ces anomalies que les deux Nobels ont réussi à expliquer, respectivement avec le détecteur Super-Kamiokande (pour les neutrinos atmosphériques) au Japon et l’Observatoire neutrino de Sudbury, au Canada (pour les neutrinos solaires). Les deux physiciens ont ainsi confirmé que les neutrinos ne disparaissaient pas, mais qu’ils se métamorphosaient d’un type à un autre avant d’arriver sur les détecteurs, plus sensibles à une saveur particulière de neutrinos faussant ainsi les résultats. Selon le jury, « cette découverte a mené à la conclusion, d’une portée considérable, que les neutrinos, longtemps considérés comme n’ayant pas de masse, devaient en avoir une, quoique faible. » Ce dernier salue une « découverte historique ». C’est la quatrième fois en moins de trente ans, après 1988, 1995 et 2002, que des recherches sur les neutrinos sont distinguées par le comité Nobel.

Par la Rédaction