Le Royaume-Uni veut quadrupler sa puissance nucléaire et produire du combustible pour les réacteurs avancés - Sfen

Le Royaume-Uni veut quadrupler sa puissance nucléaire et produire du combustible pour les réacteurs avancés

Publié le 15 janvier 2024 - Mis à jour le 22 janvier 2024
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Avec un objectif de neutralité carbone en 2050, le Royaume-Uni a publié une ambitieuse feuille de route pour le nucléaire civil visant à un quadruplement de la puissance installée. Un objectif élevé alors que la quasi-totalité du parc actuel sera fermée d’ici 2030. En plus de cela, le pays veut se doter d’une capacité de production de combustible moyennement enrichi.

La feuille de route du nucléaire civil britannique était attendue et son ambition est haute ! Le gouvernement vise à disposer environ 24 GW d’énergie nucléaire d’ici 2050, soit un quadruplement par rapport à la puissance actuelle. À cette date, cela représentera environ 25 % du mix électrique du pays. Aujourd’hui, le nucléaire représente 15 % du mix électrique, mais d’ici 2030, 8 des 9 réacteurs actuellement en service seront mis à l’arrêt.

Les plans du gouvernement font partie de l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Concrètement, en plus des deux EPR d’Hinkley Point en cours de construction, et du projet de Sizewell, le gouvernement envisage de construire une nouvelle centrale nucléaire et va soutenir les efforts pour développer des projets de SMR.

Accélérer les procédures

Pour la ministre britannique de l’Énergie, Claire Coutinho, cette feuille de route est « l’un des plus grands investissements dans l’énergie nucléaire en soixante-dix ans » dans le pays. Les objectifs du gouvernement visent à sécuriser des décisions d’investissement pour 3 à 7 GW de nouveaux projets nucléaires tous les cinq ans, entre 2030 et 2044. Pour Londres, cela passera entre autres par une réglementation plus adaptée pour accélérer les processus de prises de décision.

Par ailleurs, quelques jours avant la publication de cette feuille de route, le gouvernement a également annoncé qu’il investirait jusqu’à 300 millions de livres (environ 350 millions d’euros) dans la production de combustible moyennement enrichi (Haleu), entre 5 et 20 %. Il répond aux besoins des réacteurs nucléaires de quatrième génération en cours de développement, dont le premier serait opérationnel au début de la prochaine décennie (comme en France).

Vers l’indépendance

C’est une première en Europe pour un tel projet. La secrétaire d’État à la sécurité énergétique et à la neutralité carbone, Claire Coutinho, l’assure : « La Grande-Bretagne a donné au monde sa première centrale nucléaire opérationnelle, et maintenant nous serons la première nation en Europe en dehors de la Russie à produire du combustible nucléaire avancé ». Les États-Unis développent également une production nationale de Haleu. En novembre de l’année dernière, l’industriel Centrus Energy a réalisé une première livraison de 20kg d’Haleu, produit aux États-Unis, directement au Department of America. L’objectif est de produire 900 kilogrammes par an. ■

Par Ludovic Dupin avec WNN

Photo : La ministre britanique de l’Énergie Claire Coutinho – ©ChristopherFurlonggetty / images europegetty images via AFP

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