La filière nucléaire prévoit de recruter plus de 10 000 personnes par an jusqu'en 2030 - Sfen

La filière nucléaire prévoit de recruter plus de 10 000 personnes par an jusqu’en 2030

Publié le 22 novembre 2022
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Le 15 novembre, lors de la présentation des avancées du plan Excell, la filière nucléaire a fait un point sur les enjeux d’emploi et d’attractivité. Pour répondre aux besoins, elle envisage de recruter plus de 10 000 personnes par an jusqu’en 2030, notamment dans le cadre du programme EPR2.

L’emploi, l’attractivité et la formation sont des sujets  majeurs pour la filière nucléaire. Cette dernière a des besoins considérables pour faire face aux enjeux à venir : la maintenance du parc historique, la prolongation des réacteurs et la construction de six réacteurs EPR2 (qui fait actuellement l’objet d’un débat public). Pour cela, il est prévu d’embaucher 10 000 à 15 0000 personnes par an sur la période 2023-2030, contre 5 000 par an sur la période 2019-2022. Une accélération importante rendue explicite par Alain Tranzer, délégué général à la qualité industrielle et aux compétences. Il explique : « un salarié sur deux qui travaillera dans la filière en 2030 n’y travaille pas aujourd’hui ».

Le programme Match

« Pour disposer des bonnes compétences au bon moment, le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (Gifen) s’est doté du programme Match. Il s’agit d’un outil durable qui permet de travailler l’adéquation entre la charge des projets à venir et les ressources de la filière », explique Alain Gauvin, vice-président du Gifen et directeur général d’ONET Technologies.

Ce programme est le fruit d’un travail collectif entre tous les acteurs de la filière nucléaire. Cette initiative inédite se déploie en quatre étapes :

  • Consolidation des prévisions de sous-traitance de tous les exploitants de la filière sur une période de 10 ans, selon 16 familles de métier.
  • Traduction de ces montants en ressources humaines nécessaires.
  • Constitution d’une cartographie des ressources disponibles et leur évolution.
  • Comparaison entre les besoins en ressources et les ressources disponibles, sur les 10 prochaines années, pour identifier les besoins en recrutement et les périodes concernées.

Le Gifen a indiqué qu’il présentera le programme complet, en particulier les besoins précis en emplois, en 2023 après consolidation des données.

L’Université des métiers en action

De son côté, l’Université des métiers du nucléaire (UMN) est une association créée en 2021 avec le soutien de la filière et des pouvoirs publics. « C’est une démarche qui vise à coordonner l’ensemble des actions permettant d’adapter l’offre de formation aux besoins de la filière », rappelle Hélène Badia, présidente de l’UMN. « Nous fédérons dans les régions les acteurs de la formation, du recrutement et les industriels pour adapter l’offre de formation à nos besoins. Nous avons par exemple créé un certain nombre de formations autour du soudage et de l’usinage dans les Hauts de France et des formations de dessinateur-projeteur dans la région PACA », a détaillé-t-elle notamment détaillé.

Toujours dans l’optique d’optimiser l’adéquation de l’offre au besoin, le site grand public lancé le 1er janvier 2022 monavenirdanslenucléaire.fr recense tous les métiers de la filière nucléaire ainsi que les formations qui y mènent. Avant la fin de l’année, toutes les offres d’emploi de la filière y seront également listées. Enfin, 200 étudiants en formation dans des métiers en tension bénéficient cette année d’une bourse de 600 euros par mois.■

Gaïc Le Gros (Sfen)

Photo ©EDF Energy – Chantier d’Hinkley Point C

La présentation du 15 novembre a fait l’objet d’un premier article sur les indicateurs de performances qui témoignent d’un regain de compétences de la filière nucléaire française.

 

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