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En Hongrie, le climat rime avec nucléaire

Publié le 23 septembre 2019 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Le gouvernement hongrois entend respecter ses objectifs climatiques en s’appuyant sur le tandem énergies renouvelables et nucléaire. L’unique centrale nucléaire du pays, située à Paks, s’apprête à accueillir deux nouvelles tranches de type VVER-1200 construites et financées par la Russie. Ces nouvelles unités seront opérationnelles d’ici 2026-2027.


« Sans énergie atomique, pas de neutralité carbone » a déclaré en juin 2019 le ministre hongrois de l’innovation, László Palkovics. La Hongrie a récemment apporté son soutien aux objectifs de neutralité carbone fixés dans le nouveau plan climat de l’Union européenne [1]. Cette déclaration s’inscrit dans une politique énergétique plus globale de renouvellement du parc nucléaire hongrois.

Naissance de Paks

Dans les années 1970-80, l’URSS veut donner une nouvelle impulsion au nucléaire civil et démontrer l’efficacité de la technologie soviétique. Le site de Paks, à 130 kilomètres de Budapest, est choisi pour accueillir la première centrale nucléaire de la Hongrie. La proximité avec le Danube permet de garantir une source d’eau froide et régulière. Ce sont alors quatre réacteurs VVER-440 (les réacteurs à eau pressurisée russes) qui seront mis en service progressivement à partir de 1982. La Hongrie dispose par ailleurs d’un réacteur de recherche de type VVER de 10 MW, situé à Budapest. Mis en service en 1959, il a été reconstruit en 1990. Il est utilisé pour la physique fondamentale, la chimie, la science des matériaux, la biologie et l’archéologie.

Un besoin en électricité en forte hausse

Ce pays industriel de plus de 10 millions d’habitants connait une croissance économique et démographique. La consommation d’électricité a augmenté sans interruption majeure depuis les années 1970, avec un pic à 40 TWh en 2016. 


La centrale nucléaire de Paks produit à elle seule 51 % de l’électricité du pays. Le reste provient de combustibles fossiles (gaz, charbon), avec une montée en puissance des énergies renouvelables (7,2 % de l’électricité en 2016).

Deux nouveaux réacteurs russes

Pour répondre à ses besoins grandissants en électricité tout en respectant ses engagements climatiques, Budapest a signé en 2014 avec Moscou un accord d’extension de la centrale nucléaire de Paks. Rosatom doit fournir deux réacteurs de 3e génération, les VVER-1200. À terme, les deux nouvelles unités devront remplacer les quatre réacteurs déjà installés dont la mise à l’arrêt est prévue dans les années 2030. Le projet s’est déroulé sans appel d’offres. Il porte sur un investissement de 12,5 milliards d’euros, financés à 80 % par la Russie à travers un prêt de 10 milliards d’euros. Le secret entourant ce contrat a été fixé à 30 ans par le Parlement hongrois.

La Hongrie n’est pas seule dans cette démarche de renforcement de son parc nucléaire. Le pays est membre du groupe de Visegrad, qui réunit la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque. L’ensemble de ces États sont au centre des nouveaux investissements nucléaires européens.

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Photo : Budapest – © Shutterstock


A clean planet for an European strategic long-term vision for a prosperous, modern, competitive and climate neutral economy (2018).

Par Maruan Basic, SFEN

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