Exploiter le parc nucléaire français au-delà de 40 ans - Sfen

Exploiter le parc nucléaire français au-delà de 40 ans

Publié le 31 décembre 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
parcnucleaire

EDF exploite 58 réacteurs représentant 63 GWe de puissance sur 19 sites. Tous sont basés sur la technologie de l’eau sous pression, choisie par EDF au début des années 1970 sur la base d’un retour d’expérience mondial significatif. La technologie REP a été adaptée pour chaque réacteur construit entre 1977 et 1999, et de nouveau utilisée pour l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Initialement conçu pour fonctionner 40 ans, le parc nucléaire français a un âge moyen de 29 ans. Le premier réacteur mis en service est celui de Fessenheim 1, en 1977 et le dernier, celui de Civaux 2 en 1999. Entre 1980 et 1990, 4 à 5 GWe ont été connectés au réseau chaque année.

Sa puissance installée et sa technologie normalisée rendent ce parc unique au monde. Sa standardisation permet aux équipes d’ingénierie, d’exploitation et de maintenance de partager un retour d’expérience précieux.

En théorie, la législation française ne fixe pas de limite dans le temps à l’exploitation d’un réacteur. Mais elle exige une inspection approfondie tous les dix ans (la « visite décennale » VD) et, par une réévaluation de la sûreté, définit les modifications possibles à intégrer, compte tenu de l’état des connaissances et des facteurs tirés de l’expérience d’exploitation mondiale. La stratégie diffère légèrement, selon qu’il s’agisse du palier 900 MWe ou 1 300 MWe.

L’objectif pour le palier 900 MWe est de préparer et préciser les exigences techniques pour exploiter jusqu’à 60 ans. La première étape très importante sera la quatrième VD, prévue pour 2019, visant à obtenir l’autorisation d’exploiter jusqu’à 50 ans. Pour le palier 1 300 MWe, à partir des troisièmes visites décennales en 2015, l’objectif est de réfléchir à une exploitation jusqu’à 60 ans. Indépendamment de la puissance considérée, c’est une stratégie cohérente pour chaque palier qui est recherchée. L’ambition d’EDF est d’établir les conditions techniques permettant aux réacteurs de fonctionner en toute sûreté au-delà de 40 ans et de maintenir l’option technique d’une exploitation jusqu’à 60 ans.

Améliorer et surveiller

Tout d’abord, l’amélioration de la sûreté des réacteurs, selon les nouvelles exigences de sécurité est indispensable. Les centrales actuelles vont coexister avec des EPR ou des centrales équivalentes dont la conception répond à des exigences de sécurité plus strictes. L’intégration de modifications substantielles est planifiée sur les visites décennales, voire plus tôt si l’impératif de sûreté l’exige.

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Par Claudie Ancelin, Directrice du CEIDRE – EDF