L’ASN valide le programme de contrôles d’EDF pour les corrosions sous contrainte - Sfen

L’ASN valide le programme de contrôles d’EDF pour les corrosions sous contrainte

Publié le 29 juillet 2022 - Mis à jour le 3 août 2022
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Pas de nouveaux arrêts nécessaires sur le parc nucléaire français. Le programme de contrôles non destructifs par ultrasons proposé par EDF pour surveiller le phénomène de corrosion sous contrainte sur le parc nucléaire français a été validé par l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). L’ensemble des réacteurs sera contrôlé d’ici 2025.

Une bonne nouvelle venue de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). Le gendarme de l’atome a validé le programme de surveillance d’EDF pour suivre le phénomène de corrosion sous contrainte (CSC), découvert fin 2021 sur quatre réacteurs français. L’agence a publié le 27 juillet un communiqué titré « Phénomène de corrosion sous contrainte affectant les réacteurs électronucléaires : l’ASN considère que la stratégie de contrôle d’EDF est appropriée ».

Fin 2021, ce phénomène inattendu de CSC a été découvert sur quatre réacteurs. En conséquence, EDF a stoppé ou prolongé les arrêts de 12 réacteurs. L’ASN témoigne du travail considérable mené par l’entreprise : « EDF a mené de multiples travaux afin d’approfondir la compréhension du phénomène et d’identifier les zones concernées. Ces investigations ont notamment conduit à la réalisation de près de 70 expertises en laboratoire de soudures prélevées sur huit réacteurs ».

Les paliers N4 et P’4

Ce travail mené par l’électricien, grâce à la dépose de nombreux tuyaux, a permis d’établir la liste des infrastructures les plus sensibles au phénomène de CSC :

  • les lignes du circuit d’injection de sécurité (RIS) situées en branche froide et les lignes d’aspiration du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA). Cela concerne les quatre réacteurs du palier N4 (1450 MWe) des centrales nucléaires de Chooz B et de Civaux.
  • les lignes du circuit RIS d’injection situées en branche froide des réacteurs du palier P’4. C’est-à-dire les douze réacteurs de 1 300 MWe des centrales nucléaires de Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly.

Pour leur part, « au regard des connaissances disponibles, les réacteurs des paliers P4 et de 900 MWe apparaissent comme peu ou très peu sensibles au phénomène de CSC », explique l’ASN.

Contrôles d’ici 2025

« EDF prévoit de contrôler l’ensemble de ses réacteurs d’ici 2025, en priorisant le contrôle de ces zones les plus sensibles des réacteurs N4 et P’4. Les contrôles seront réalisés sur les réacteurs avec un nouveau procédé de contrôle non destructif par ultrasons. Ce procédé a été développé dans l’objectif de pouvoir détecter de façon fiable des fissures de CSC et de pouvoir estimer leur profondeur », valide l’ASN. Seul bémol, l’agence juge que le contrôle du réacteur 2 de la centrale de Belleville, prévu en 2024, est trop tardif.

Etienne Dutheil, Directeur de la Division Production Nucléaire chez EDF, explique : « Nous avons réalisé près de 70 expertises métallurgiques sur des échantillons de tuyauteries. Pour cela nous avons dû découper des portions de circuits qu’il faut remplacer. Dès janvier, nous avons mobilisé des aciéristes pour lancer la fabrication de pièces et des entreprises de soudage et de chaudronnerie pour préparer les chantiers de réparation. Nous avons terminé les réparation sur le circuit RIS de Chinon B3, elles se poursuivent sur le circuit RRA et nous avons démarré le remplacement des lignes RIS à Civaux 1 ».

Sur Linkedin, Cédric Lewandowski, directeur du parc nucléaire d’EDF se réjouit de l’avis de l’ASN. Il commente : « Cette position valide huit mois de travail intense mené par nos équipes pour qualifier, comprendre et traiter un phénomène aussi complexe qu’inattendu.
Le niveau de connaissance acquis en moins d’un an est remarquable. Nous savons dire aujourd’hui où le phénomène se développe, quels sont les circuits les plus sensibles et comment nous allons le surveiller dans le cadre de nos programmes de maintenance préventive
 ».

Lors de la présentation des résultats semestriels d’EDF, l’entreprise a annoncé qu’avec l’avis de l’ASN elle maintenait sa prévision de production en 2022 entre 280 à 300 térawattheures. ■

Par Ludovic Dupin (Sfen)

Photo : ©ASN

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