COP28 : 22 pays s’engagent pour tripler la capacité nucléaire mondiale - Sfen

COP28 : 22 pays s’engagent pour tripler la capacité nucléaire mondiale

Publié le 4 décembre 2023
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Historique ! À la COP28, une vingtaine de pays se sont engagés pour atteindre un triplement de la capacité nucléaire installée d’ici à 2050. Ils reconnaissent le rôle clef de l’énergie nucléaire pour atteindre la neutralité carbone et pour assurer à tous l’accès à une énergie fiable, bon marché et durable.

La COP28 s’est ouverte à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 30 novembre 2023. Le troisième jour l’événement, le 2 décembre, a été marqué par l’annonce de 22 pays de s’engager en faveur d’un triplement de la capacité installée nucléaire sur la période 2020-2050. L’objectif s’appuie sur les travaux d’analyse de l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE, prenant en compte le scénario du Giec d’un réchauffement global de 1,5°C.

Les signataires de la déclaration sont la Bulgarie, le Canada, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, les États-Unis, la France, la Finlande, le Ghana, la Hongrie, le Japon, le Maroc, la Moldavie, la Mongolie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, l’Ukraine.

« Si vous voulez réconcilier l’emploi, la souveraineté, l’autonomie stratégique et de faibles émissions de carbone, il n’y a rien de plus durable et de fiable que l’énergie nucléaire », a déclaré le Président français Emmanuel Macron.

Participer au développement du nucléaire

Les pays signataires de la déclaration reconnaissent « le rôle clef du nucléaire pour l’atteinte de la neutralité carbone » ainsi que son importance pour l’atteinte l’objectif 7 de développement durable (ODD) défini par l’Organisation des Nations unies (ONU) : « assurer l’accès à une énergie moderne, bon marché, fiable et durable ». Ils reconnaissent également que « la diminution de la capacité nucléaire rendrait l’atteinte de la neutralité carbone plus difficile et plus couteuse ».

Ils s’engagent ainsi à travailler ensemble et à assurer une exploitation des centrales nucléaires au plus haut niveau de sûreté, de durabilité, de sécurité tout en veillant à la non-prolifération et à une gestion responsable des déchets nucléaires. Ils visent aussi à mobiliser les investissements à travers des « schémas innovants » et à soutenir le développement du nucléaire, y compris les petits réacteurs modulaires (SMR) et de technologie avancée (AMR). L’usage possible de ces technologies pour la production d’hydrogène, de chaleur ou de carburant de synthèse y est souligné.

Enfin, ils invitent les pays membres de la Banque mondiale, les institutions financières internationales et les banques régionales de développement à inclure le nucléaire dans leur politique de prêt et appellent tous les pays à se joindre à cette déclaration.

Absence de la Chine, présence de la Belgique

Au-delà de ces acteurs, nombreux sont ceux qui misent sur le nucléaire. On notera par exemple l’absence de la Russie et de la Chine parmi les signataires malgré une politique très favorable à l’énergie nucléaire. L’Inde avec un programme nucléaire ambitieux est également non représentée.

De manière inattendue, le Premier ministre belge Alexander De Croo, a participé à l’événement en tant qu’invité (non-signataire) et a déclaré : « Si on veut atteindre la neutralité carbone le plus vite possible, nous aurons besoin du nucléaire dans notre mix ». Une déclaration qui dénote alors que le pays a un objectif de sortie du nucléaire toujours en vigueur et a fermé récemment les réacteurs Doel-3 (2022) et Tihange 2 (2023).

Pour en savoir plus sur le nucléaire dans le monde et les différents programmes en cours, consultez notre rapport publié en octobre 2023. ■

Gaïc Le Gros (Sfen)

Photo – World Nuclear Association (WNA)

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