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8/9 – Les SMR, option technologique convoitée à l’international

Publié le 12 mai 2022 - Mis à jour le 12 juillet 2022
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L’Agence de l’énergie atomique (AIEA) a recensé plus de 70 concepts de petits réacteurs modulaires (SMR). La petite puissance présente des atouts qui séduisent aujourd’hui une grande variété d’acteurs à travers le monde.

Selon la définition de l’AIEA, un Small Modular Reactor (SMR) est un réacteur de petite puissance, n’excédant pas les 300 MWe. En 2020, l’agence a recensé plus de 70  concepts en développement, allant de réacteurs semblables à ceux majoritairement exploités aujourd’hui mais « miniaturisés » à des technologies de rupture. La petite  puissance, en plus d’offrir des bénéfices non négligeables en matière de sûreté, enrichit les possibilités de décarbonation, une urgence planétaire dans le cadre de la lutte contre  le réchauffement climatique.

L’option SMR devra néanmoins pallier l’effet d’échelle – plus un réacteur est puissant plus son électricité est compétitive – pour être viable économiquement. Pour cela, les  industriels misent sur la modularité, la production en série et des conceptions simplifiées. La construction modulaire va notamment optimiser la production en série et en usine, ce  qui permettra de limiter les délais de construction sur site. Les premiers SMR bénéficiant de ce mode de production sont attendus pour la fin de la décennie. Les réacteurs en  rupture technologique devraient quant à eux se déployer dans les années 2030. Ces derniers, parfois désignés par l’acronyme AMR pour Advanced (Small) Modular  reactor, ne seront pas refroidis à l’eau légère. Il s’agira de réacteurs de quatrième génération. « Huit objectifs technologiques ont été définis pour les systèmes de génération IV  dans quatre grands domaines : durabilité, compétitivité, sûreté et fiabilité, en faveur de la non-prolifération et résistant aux agressions externes », détaille le Forum Gen IV. Il  faut donc noter que le terme « SMR » ne renvoie pas à une technologie précise et intègre des usages très variés.

Le SMR, une nouvelle offre nucléaire

Avec les SMR, le nucléaire pourra s’adapter à de nouveaux besoins de décarbonation. Dans certains territoires (réseaux de faible puissance, zones isolées, etc.), les réacteurs
de 1 000 MW et plus ne sont pas adaptés. Les petits réacteurs modulaires pourront remplacer avantageusement les petites centrales à gaz ou à charbon qui assurent  aujourd’hui la production d’électricité. Ces nouvelles technologies pourront alimenter des sites industriels (des mines au Canada par exemple), ou des villes isolées. C’est le cas actuellement de Pevek en Russie où se trouve l’Akademik Lomonosov, une barge équipée de deux petits réacteurs de 30 MWe connectée au réseau depuis 2019. Une autre  utilisation attendue des SMR serait l’alimentation des sites en électricité ou en chaleur pour la production d’eau douce ou d’hydrogène. Selon l’AIEA1, il y avait, en 2019, 14 000 usines de désalinisation dans le monde. Un chiffre qui devrait encore augmenter sous l’effet du réchauffement climatique et des sècheresses accrues.

Un engouement mondial

Selon le calendrier des différents projets, les SMR devraient donc se déployer massivement à l’horizon 2030, un peu avant pour les technologies à eau pressurisée et bouillante et un peu après pour les AMR. Les plus de 70 concepts recensés par l’AIEA en 2020 se répartissent à travers le globe bien que le Canada, la Chine, les États-Unis et la Russie  y consacrent un effort particulièrement important de R&D. En effet, on dénombre à ce jour 17 concepts russes, 15 américains, 7 chinois et 5 canadiens. La France, le Royaume-uni, le Japon, la Corée du Sud mais également l’Indonésie, la République tchèque et le Danemark développent des SMR.

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Par Gaïc Le Gros, Sfen

Photo I © Simon Dawson/N° 10 Downing Street I Fin mars 2022, le PDG de Rolls-Royce Tom Samson présentait une maquette de son projet de SMR au Premier ministre  britannique, en compagnie de Kwasi Kwarteng, ministre de l’Économie et de la Stratégie industrielle et de Helen Whatley, secrétaire de l’Échiquier au Trésor.

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