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4/9 – Chine : le plus grand et le plus rapide programme nucléaire du monde

Publié le 12 mai 2022 - Mis à jour le 16 mai 2022
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La Chine s’est dotée d’une industrie nucléaire performante au service de ses ambitions climatiques, économiques et stratégiques. Avec 21 réacteurs mis en service ces cinq dernières années, un effort important de R&D et des premiers projets à l’export, la Chine mise sur le nucléaire avec de grandes ambitions.

A partir des années 1980, la Chine s’est lancée dans un programme nucléaire civil, avec l’aide notable de la Russie et de la France. Son premier réacteur de technologie chinoise (300 MWe) a divergé en 1991, mais le pays s’est beaucoup appuyé durant les années 1990-2010 sur les technologies étrangères, russes (VVER), françaises (M310 et EPR) et américaines (AP 1000).

Aujourd’hui, la Chine dispose d’un parc électronucléaire de 52 réacteurs en fonctionnement pour une puissance totale de 54  GWe, ce qui fait d’elle le troisième pays nucléaire en termes de puissance installée. Elle a produit, en 2021, l’équivalent de 407 TWh d’électricité nucléaire, ce qui la place en seconde position, derrière les USA… mais pour la deuxième fois consécutive  devant la France.

Le parc nucléaire chinois est jeune avec neuf ans de moyenne d’âge et il s’agrandit à grande vitesse. Ces cinq dernières années, la Chine a mis en service 21 réacteurs, et prévoit que sa puissance installée sera de 70 GWe à l’issue du plan quinquennal en  cours. Cela correspond peu ou prou à la mise en service d’une vingtaine de nouveaux réacteurs, sur un rythme de quatre à cinq  nouvelles unités par an.

Neutralité carbone et indépendance technologique

La Chine est actuellement le pays qui a le programme nucléaire le plus ambitieux. Même si la fission compte encore peu dans son bilan énergétique total (2,3 % de l’énergie primaire et 5 % de l’électricité), l’énergie nucléaire dispose pour l’avenir de deux  atouts majeurs dans ce pays. Il participe d’abord à la transition énergétique au même titre que les renouvelables. Sa mise en  oeuvre est décidée au plus haut niveau de l’État : les régions, les mégapoles et les entreprises vont ainsi décliner comme un seul homme les nouveaux objectifs du pays. Le déploiement du nucléaire en bénéficiera.

Ensuite, la Chine a travaillé depuis longtemps à la sinisation des concepts importés. Leur nouveau réacteur Hualong est certes  dérivé des modèles français. Mais il est maintenant considéré comme 100 % chinois dans sa conception et bénéficie d’un taux  de localisation supérieur à 90 %. Dans sa forte volonté politique d’indépendance technologique, c’est aussi un atout majeur pour  le développement de l’énergie nucléaire.

Il ne fait aucun doute que ce réacteur à eau pressurisée de troisième génération, dont le premier exemplaire a démarré en janvier 2021, constituera la grande majorité des futurs réacteurs chinois. D’ailleurs, une dizaine est actuellement en construction  et quatre autres sont en phase projet. Disposant d’une durée de vie de soixante ans, ces réacteurs sont l’avenir nucléaire de la  Chine pour le XIXe siècle et pour l’accompagner dans sa transition énergétique puisqu’ils fonctionneront au-delà de 2080.

La Chine a consommé, en 2020, plus de deux fois plus d’énergie que l’Europe des 27, une énergie à 85 % basée sur les  combustibles fossiles. Son besoin en énergies de remplacement non productrices de CO2 est donc gigantesque. En  complémentarité du solaire et de l’éolien, plutôt implantés dans le nord-ouest du pays, aux conditions météorologiques  favorables et peu peuplés, c’est une production d’énergie concentrée dont la Chine a besoin dans l’ouest du pays, le long de ses  côtes, à laquelle seules de grosses unités de production – des Hualong de 1150 MWe – peuvent satisfaire.

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Par Tony d’Aletto, conseiller nucléaire de l’ambassade de France en Chine

Photo I © Lin Shanchuan/XINHUA/Xinhua via AFP I À Fuqing, dans la province chinoise du Fujian (sud-est), le premier Hualong, réacteur 100 % chinois, est entré en production en mars  2021

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