3. Naarea, le pari des sels fondus - Sfen

3. Naarea, le pari des sels fondus

Publié le 24 novembre 2022 - Mis à jour le 13 décembre 2022
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Naarea propose un petit réacteur à sels fondus et à spectre rapide de 40 MW destiné à améliorer le cycle du combustible en valorisant au maximum l’uranium. L’entreprise met en avant sa volonté d’être « concepteur, fabricant et exploitant ».

« Le projet Naarea est né du constat que les besoins croissants en énergie et en électricité bas carbone font du nucléaire une solution incontournable », raconte Jean-Luc Alexandre, président et cofondateur de l’entreprise. « La  demande électrique mondiale sera a minima multipliée par quatre entre 2020 et 2050. Quand nous avons analysé les 17 objectifs de développement durable (ODD), fixés par les Nations unies, nous nous sommes rendu compte que tout ramenait à l’énergie d’une manière ou d’une autre, qu’il s’agisse de l’agriculture, de la faim dans le monde ou de la biodiversité », explique-t-il. De là fut issue l’entreprise. Pour fournir une électricité stable et  bas carbone en remplaçant les énergies fossiles, elle se propose de développer un réacteur nucléaire d’une puissance d’une quarantaine de mégawatts.

Nouveaux besoins, nouveau marché

L’absolue nécessité de  décarbonation appelle naturellement de nouvelles solutions pour réduire drastiquement l’utilisation d’énergies fossiles, de nouvelles solutions qui elles-mêmes correspondent à des usages  particulièrement décentralisés. C’est le cas par exemple des groupes électrogènes dédiés à des sites industriels ou à l’alimentation de communautés isolées. Avec une puissance de 40 MW, c’est le marché que vise Naarea. « Un réacteur de 40 MW permet de produire de l’eau potable pour environ deux millions d’habitants en dessalant de l’eau de mer, d’alimenter 2 700 bus pendant une année […] ou une centaine de milliers de foyers en énergie », énumère le président de Naarea. Le tout avec un réacteur intrinsèquement sûr qui valorise plus efficacement les matières nucléaires tout en réduisant la radiotoxicité des déchets. Or, sur ce dernier point, il faut rappeler que sûreté et déchets sont précisément deux domaines suscitant particulièrement l’attention des populations.

Petit réacteur, grandes options

L’îlot nucléaire de Naarea tient dans un conteneur traditionnel de 40 pieds et son poids lui permet d’être parfaitement transportable par des moyens conventionnels. Grâce à ses caractéristiques, Naarea revendique s’affranchir
de l’eau aujourd’hui utilisée pour refroidir les réacteurs actuels plus puissants. « C’est un point majeur puisque cela permet d’être indépendant de la localisation géographique », explique Jean-Luc Alexandre. La turbine vapeur  est entraînée par du CO2 supercritique1, ce qui permet d’obtenir une chaîne de conversion beaucoup plus intéressante en termes de rendement. « Avec tous ces éléments mis bout à bout, nous avons quelques dizaines de  mégawatts électriques avec lesquels nous pouvons produire de la chaleur, le double environ, car nous avons un ratio de 50 % conversion chaleur vers l’électricité », explique-t-il encore.

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Par Gaïc Le Gros, Sfen

Crédit photo ©Naarea

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