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2/9 – Le nucléaire : toujours au centre de la politique énergétique des pays pionniers de l’atome

Publié le 12 mai 2022 - Mis à jour le 25 mai 2022
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Tous les pays pionniers du nucléaire civil continuent de miser sur l’énergie nucléaire. Souveraineté technologique, indépendance  énergétique, compétitivité économique, prestige de la maîtrise d’un domaine de pointe, etc. Autant d’atouts toujours d’actualité auxquels s’ajoutent désormais les enjeux climatiques et environnementaux.

De nombreux pays à travers le monde ont une histoire ancienne avec l’atome. Mais les pays pionniers du nucléaire civil, à  proprement parler, sont le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Les premières piles atomiques  divergent dans les années 1940 avec aux États-Unis, la Chicago Pile (CP-1) d’Enrico Fermi (1942), et au Canada, sa soeur  jumelle, la ZEEP, en 1945. Elles sont suivies de la pile F-1 de l’institut Kurchatov en 1946 en Russie, de Gleep à Harwell au  Royaume-Uni en 1947, puis de la pile atomique française, Zoé, qui diverge deux ans plus tard, en 1948 à Chatillon. Presque quatre-vingts ans après, tous ces pays, malgré leurs différences technologiques, souhaitent construire de nouveaux réacteurs  pour que le nucléaire continue de faire partie du mix électrique à l’horizon 2050 et au-delà.

Les États-Unis souhaitent conserver leur « leadership »

La maîtrise de l’énergie nucléaire est un élément de prestige international. Or « L’Amérique est en train de perdre sa position de  leader mondial dans le domaine du nucléaire au profit d’entreprises d’État, notamment [celles de] la Russie et [de] la Chine (…)  », alertait en avril 2020 le ministère de l’Énergie américain, le DoE1. Pour y remédier, ce dernier soutient un certain nombre d’initiatives en matière de R&D destinées à développer de nouveaux concepts de réacteurs ou renforcer l’industrie américaine  d’extraction et de conversion de l’uranium.

Les projets de fortes puissances ne semblent pas d’actualité, mais les perspectives de petits réacteurs modulaires (SMR) se multiplient. Il s’agit d’un ensemble de technologies variées développées par des startup dont les plus connues sont TerraPower, NuScale ou Kairos Power. Afin d’accompagner cet écosystème d’acteurs privés, les États-Unis ont annoncé en 2019 un  programme réunissant les grands laboratoires de recherche et les industriels. En outre, le pays développe le Versatile Test  Reactor (VTR), un réacteur à neutrons rapides, afin de mener des recherches sur les matériaux et les combustibles. « Ce réacteur avancé  offrira aux entreprises américaines la capacité (…) de tester des technologies et des combustibles avancés sans avoir à aller chez nos concurrents en Russie et en Chine », avait notamment déclaré le secrétaire américain à l’Énergie,  Rick Perry2. Enfin, les autorités américaines mettent en avant le nucléaire comme énergie propre, bénéfique pour le climat et  pour la qualité de l’air. Le DoE souligne que la production d’une électricité décarbonée « limitera la pollution qui impacte en  premier lieu les plus défavorisés. (…) Un air plus propre aura des impacts bénéfiques sur la santé et sur les dépenses de santé  ».

France, pour la neutralité carbone et l’indépendance énergétique

Du côté français, deux arguments sont souvent avancés par les décideurs : le nucléaire comme énergie bas carbone et la  souveraineté énergétique. Ce dernier aspect a été considérablement mis en lumière par deux crises mondiales consécutives. La  pandémie de Covid-19 dès 2020 et la guerre en Ukraine début 2022. « Reprendre le contrôle de notre destin énergétique, ce  n’est pas seulement ne plus dépendre des importations d’énergies fossiles, c’est aussi maîtriser en France les savoir-faire  indispensables et disposer des éléments critiques pour la production d’énergie nucléaire », déclarait Emmanuel Macron le 10  février 2022, associant ainsi l’indépendance énergétique au nucléaire. Le président de la République a annoncé la construction de six réacteurs EPR 2 et a commandé une étude à EDF pour huit réacteurs supplémentaires. La filière française s’est  également rassemblée pour développer un SMR de 340 MWe à eau pressurisée, Nuward. De plus, des start-up tricolores,  comme Naarea ou Jimmy Energy travaillent sur des réacteurs de quatrième génération.


1. DoE, « Strategy to Restore American Nuclear Energy Leadership », avril 2020.
2. DoE, 28 février 2019.

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Par Gaïc Le Gros, Sfen

Photo I © Jean-Marc Barrere/HansLucas/AFP I Les deux tranches de la centrale de Golfech au bord de la Garonne ont été mises en service en 1991 et 1994.

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