12.07.2019

Validation du premier réacteur 100% numérique américain par la NCR

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La rédaction (SFEN) - © Crédit photo Purdue University - Vincent Walter

L’agence de sûreté nucléaire américaine (NRC) a validé l’exploitation du réacteur de recherche Purdue University Reactor Number One (PUR-1), le premier réacteur aux outils de contrôle 100 % numérique aux Etats-Unis.

PUR-1 est un petit réacteur de recherche construit en 1962 pour l’école d’ingénieur nucléaire de l’Université Purdue dans l’Indiana, il sert à la formation des futurs ingénieurs. En 2012 le « Department of energy » a alloué une bourse à l’université afin de soutenir le programme de recherche sur la numérisation des outils de contrôle du réacteur.

La NRC, en plus des 98 réacteurs nucléaires assurant environ 20 % de la production électrique américaine, contrôle la sûreté de 31 réacteurs de recherche et d’essais.

Historiquement, la NRC n’accepte que les pièces validées par ses propres standards mais elle a cette fois-ci validé des pièces qui ont été fabriquées en Allemagne selon les critères de l’autorité de sûreté nucléaire allemande (KTA). « Cette coopération montre que la NRC est ouverte à une vision plus large de l’industrie nucléaire » a déclaré Clive Townsend le responsable du réacteur nucléaire.

De la numérisation à l’intelligence artificielle (IA)

L’utilisation de microprocesseurs et d’ordinateurs commence au début des années 1980 et le tout premier réacteur 100 % numérique est un réacteur à eau bouillante ABWR japonais mis en service en 1996 dans la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, préfecture de Niigata. La numérisation du nucléaire n’est pas un fait nouveau mais a encore des défis à relever, notamment car la numérisation est le socle de l’intelligence artificielle.

La fracture entre la numérisation et l’intelligence artificielle se trouve dans l’analyse des données. L’IA permet d’analyser, de hiérarchiser, de rendre rapidement intelligible des données complexes. L’outil développé par Métroscope, filiale du groupe EDF permet par exemple de traiter les données et de recevoir une expertise concrète, par exemple « Il y a une fuite à tel endroit ».

Le numérique apporte des solutions quant à la formation des employés et à la sûreté des centrales. Concernant la formation, la réalité virtuelle permet de répéter des tâches de maintenances et de faire face à des scénarios divers et variés à bas coûts. Les outils numériques collectent en permanence un nombre important de données et sont indispensables pour réaliser des contrôles non-destructifs.

Ces innovations facilitent les opérations de construction, de maintenance et de gestion et permettraient une réduction du coût de production de l’électricité nucléaire.