11.12.2018

L’UE confirme le rôle du nucléaire pour son avenir énergétique bas carbone

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Par Cécile Crampon (SFEN)

Le 28 novembre 2018, la Commission européenne a adopté sa vision stratégique à long terme « afin de parvenir à une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat d'ici à 2050 – Une planète propre pour tous ».

Que dit la stratégie de l’Union européenne ? Elle indique comment « l'Europe peut montrer la voie à suivre pour atteindre la neutralité climatique, en investissant dans des solutions technologiques réalistes, en donnant aux citoyens les moyens d'agir, et en adaptant l'action à mettre en œuvre dans des domaines clés tels que la politique industrielle, la finance ou la recherche, tout en garantissant la justice sociale nécessaire à une transition juste ». Plus concrètement, la Commission se donne l’objectif d’un avenir neutre pour le climat couvrant l’ensemble des politiques de l'UE. Elle s'inscrit clairement dans la droite ligne de l'objectif de l'accord de Paris visant à maintenir l'accroissement de la température bien en deçà de 2°C et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C. « Pour que l'UE puisse mener le monde vers la neutralité climatique, cette neutralité doit être atteinte d'ici à 2050 ».

S’agissant du nucléaire, la Commission européenne confirme que cette énergie, avec les énergies renouvelables, constituerait l'épine dorsale d'un système énergétique européen sans carbone. Chaque État membre étant libre de choisir son propre bouquet énergétique, la Commission souligne que le nucléaire peut contribuer à la sécurité de l'approvisionnement en énergie, à la compétitivité et à une production d'électricité plus propre.

L’UE reconnait ainsi le nucléaire comme une source d'électricité à faible émission de carbone, et en capacité de réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des importations d’énergies fossiles et d'assurer sa sécurité d'approvisionnement. Comme le souligne Yves Desbazeille, directeur général de FORATOM, « notre étude Pathways to 2050 montre que le nucléaire peut contribuer à une décarbonisation ambitieuse de l'économie européenne. En faisant un pas dans la bonne direction, la Commission a démontré un réel engagement en faveur de la réduction des émissions de CO2 en Europe ».

Cette communication de l’UE est intervenue au lendemain du lancement officiel du dernier World Energy Outlook de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à Bruxelles. Au cours de cet événement, le Dr Fatih Birol, directive exécutive de l'AIE, s’était adressé à l’UE en soulignant que « les politiques actuelles décourageaient les investissements dans de nouvelles centrales nucléaires et l'exploitation à long terme des réacteurs existants ». Il a appelé l'UE à garder à l'esprit que le nucléaire est une source d'électricité à faible charge en carbone capable de garantir la sécurité d'approvisionnement - des atouts importants pour faire face à la variabilité des sources d'énergie renouvelables.

Ces annonces et préconisations s’inscrivent en pleine actualité de la COP24 où sont représentés 193 Etats à Katowice en Pologne. Le nucléaire est à nouveau regardé de très près. A commencer par la Pologne qui a pris la décision d'investir dans le nucléaire afin de réduire ses émissions de CO2. Autre exemple, la République tchèque qui envisage la construction de nouvelles unités : la décision reste à finaliser en 2019 mais elle possède déjà deux centrales nucléaires, produisant 30 % de la production électrique du pays. Côté Pays-Bas, les lignes bougent aussi.

A suivre…