11.09.2018

Les SMR, un nouveau paradigme...

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Par Jacques Chenais (Directeur du programme SMR au CEA)

La satisfaction des besoins énergétiques du futur et la nécessité de préserver la planète vis-à-vis du changement climatique imposent l’énergie nucléaire, source d’énergie décarbonée et pilotable dans un mix énergétique composé par ailleurs de renouvelables, par nature intermittents.

 
 

Mais l’accès à l’énergie nucléaire a toujours été réservé aux grands pays industriels, et cette tendance ne s’atténue pas du fait du renchérissement des centrales nucléaires aux niveaux de puissance et normes de sûreté encore plus élevés (génération III+). Par ailleurs, aux contraintes économiques s’ajoutent des contraintes de tailles de réseaux pour beaucoup de pays, leur fermant l’accès à l’énergie nucléaire.

Une nouvelle voie pourrait inverser cette tendance, celle des SMR, dont le niveau de puissance (inférieur à 300 MWe) permet une simplification du design et une réalisation modulaire poussée en usine, qui alliées à une production en série doivent rendre les SMR économiques en contrebalançant le facteur d’échelle favorable aux installations de forte puissance. Ce nucléaire devient finançable pour beaucoup de pays, y compris pour des centrales de taille moyenne composées de plusieurs unités grâce à un investissement incrémental. Les SMR offrent par ailleurs des caractéristiques de sûreté intrinsèques très intéressantes par l’accès à des systèmes de sauvegarde passifs, l’élimination de scénarios d’accidents, des installations enterrées… C’est un nouveau paradigme.

De nombreux projets sont en cours, et les plus prometteurs pour un déploiement dans la décennie à venir sont ceux de la filière des réacteurs à eau pressurisée, filière éprouvée à la fois pour la production d’électricité et la propulsion navale. C’est dire si la France, qui maîtrise parfaitement ces deux applications, est bien placée pour proposer un concept performant de SMR satisfaisant les meilleurs standards de sûreté et apte à vitaliser encore davantage son industrie nucléaire. C’est ce qu’ont entrepris les acteurs français CEA, EDF, TechnicAtome et NAVAL Group, réunis en consortium pour le développement d’un SMR français, consortium ouvert à d’autres partenaires français et étrangers.