20.02.2018

Le SMR de NuScale progresse vers sa mise en service

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Par Tristan Hurel (SFEN)

Autorisation après autorisation, l’horizon de l’entrée en service des SMR de la start-up américaine NuScale Power LLC se précise. Plusieurs villes ont déjà fait part de leur intérêt pour construire une première centrale équipée de ce nouveau concept de petit réacteur. Une première tête de série pourrait voir le jour en 2027.

Les validations de l’autorité de sûreté se succèdent

Début janvier, l’autorité de sûreté nucléaire américaine, la NRC, a conclu que le design des réacteurs de NuScale, et en particulier l’approche de sûreté passive, leur permettait de se passer de système d’alimentation électrique de secours, tels que les groupes électrogènes. L’autorisation est significative puisqu’aux Etats-Unis, comme en France, tous les réacteurs existants requièrent aujourd’hui des équipements électriques de secours, garantissant la possibilité de refroidir le cœur en cas d’arrêt d’urgence et d’éviter tout relâchement de radioactivité dans l’environnement. Les SMR de NuScale seront donc les premiers réacteurs à en être exemptés.

Il s’agissait d’un des plus grand défis pour atteindre les objectifs de réduction des coûts que s’est fixée l’entreprise. La start-up prévoit en effet un coût de production de 60 $ par MWh, comparable au coût de production des centrales à gaz dans certains Etats américains, tout en étant bas carbone.

Cet été la NRC avait validé la plateforme de contrôle-commande de NuScale. Ce système hybride analogique et digital permet d’assurer simultanément les fonctions de sûreté, de transfert des données et d’interface.

Un premier site pour un premier client

La start-up a déjà un premier client potentiel et un site pour construire une première centrale. Le client, UAMPS (Utah Associated Municipal Power Systems), est une association de 45 municipalités de six Etats de l’Ouest des Etats-Unis. UAMPS compte déposer sa demande de construction et d’exploitation à la NRC en 2019.

Cette tête de série serait constituée de 12 réacteurs pour une capacité installée de 600 MWe, moyennant un investissement de 2,85 milliards de dollars.

Pour UAMPS, l’intérêt du SMR de NuScale repose notamment sur quatre qualités : sûreté passive, complémentarité avec les énergies renouvelables, possibilités d’applications pour la production de chaleur et simplicité de production et d’exploitation. Un site est déjà trouvé, proposé par le Departement of Energy (DOE). Il s’agit de l’Idaho National Laboratory. Si les autorisations continuent de se dérouler à leur rythme actuel, cette tête de série entrera en service dès 2027.

Comme les autres SMR, les réacteurs de NuScale contiendront moins de combustible (et moins d’énergie), réduisant les risques d’accident. En outre, NuScale promet que ses réacteurs seront plus simples à construire et à exploiter que les réacteurs de grande taille.

Les petits réacteurs modulaires sont une technologie « prometteuse » estime l’AIEA

Le 16 février, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a expliqué que les SMR sont l’« une des technologies émergentes les plus prometteuses dans le nucléaire ».

Pour l’agence onusienne, ces petits réacteurs peuvent aussi être utilisés pour des applications non électriques comme le refroidissement, la climatisation ou encore la désalinisation de l’eau.

« Par ailleurs, selon l’AIEA, les SMR offrent des possibilités pour les régions isolées avec peu d’infrastructure en place et pour les systèmes énergétiques qui combinent le nucléaire et d’autres sources alternatives comme les énergies renouvelables ».

L’agence viennoise a d’ailleurs formé un groupe de travail technique pour conduire ses activités sur les SMR et offrir un forum pour les Etats intéressés. Il se réunira pour la première fois à Vienne du 23 au 26 juin 2018.