08.07.2019

Sécurité d’approvisionnement, la question est posée en Suisse

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Cécile Crampon

En Europe, des pays ont annoncé la fermeture anticipée de moyens de production pilotables, nucléaire ou charbon, dans les années qui viennent, sans une stratégie claire de remplacement.

La Suisse se trouve confrontée à des incertitudes sur la stratégie adoptée par les pays voisins dans les années à venir. L’Association des entreprises électriques suisses (AES) a publié le 4 juillet dernier un rapport sur les énergies et pose la question sur le monde énergétique d’ici 2035. Ce rapport fait plusieurs constats : les pays voisins de la Suisse réduisent de plus en plus leurs capacités fossiles et nucléaire, qui sont les seules énergies pilotables, garantissant de l’électricité 24h/24, 7j/7. Or la Suisse est amenée à importer de l’électricité, en particulier en hiver. Si la puissance installée pilotable se réduit dans les années à venir, la Suisse soulève la problématique de sa propre sécurité d’approvisionnement. Le rapport souligne aussi l’électrification progressive des bâtiments, de la mobilité électrique, qui entraînera à l’avenir une consommation accrue d’électricité. Le rapport estime que la demande en électricité en Europe devrait augmenter au moins d’un facteur 1,3. Pour les entreprises interrogées par l’Association suisse, cette question de sécurité d’approvisionnement devient critique.

Dans ce contexte, la Suisse retarde l’échéance sur la nucléaire
Si la Suisse a souhaité opérer un virage énergétique il y a quelques années pour réduire, voire arrêter l’énergie nucléaire, la décision reste compliquée.

Cinq réacteurs fonctionnent toujours (les Suisses prévoient une durée d’exploitation de 60 ans sauf pour la centrale de Mühleberg) et produisent 40 % de l’électricité helvète.

Le calendrier de mise à l’arrêt définitif des réacteurs serait le suivant : Beznau I (2029), Beznau II (2031), Gösgen (2039) et Leibstadt (2044).
Ce calendrier couplé à la nécessite de recourir dans le même temps à d’autres énergies – bas carbone – pose effectivement question sur la sécurité énergétique de la Suisse à moyen et long terme.