26.02.2019

Recycler les bétons TFA avec le projet CYBER

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Par la rédaction

Les déchets radioactifs de très faible activité ( TFA), constitués essentiellement de ferrailles, terres et de gravats issus de la déconstruction ou l’assainissement d’installations nucléaires sont regroupés au Centre Industriel de regroupement et de stockage (Cires), géré par l’Andra dans l'Aube. Les démantèlements à venir pourraient excéder les capacités du Cires d’ici 2035. L’une des solutions consiste à recycler les bétons TFA.

C’est l’objectif du projet CYBER, lauréat de l’appel à projet lancé par l’Andra et l’Agence nationale de la recherche (ANR), avec le soutien du programme d’Investissements d’Avenir. Le projet est porté par l’association de trois entités : la société Séché Eco Services, spécialiste du traitement et du stockage des déchets conventionnels et porteur du projet, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) et la PME Sairem, spécialiste international des micro-ondes et des hautes fréquences.

Le principe du projet CYBER consiste à séparer les différents composants des gravats de béton (les granulats et la pâte de ciment) afin de pouvoir les recycler. Le traitement par micro-onde avec une énergie adéquate permet de fragiliser le béton aux interfaces entre le granulat et la pâte de ciment . La radioactivité se concentrant essentiellement dans la pâte de ciment, la séparation pâte de ciment/granulats pourrait permettre de récupérer des granulats « décontaminés ».

Le projet est toujours en phase de test. Des essais pilote à froid seront réalisés à partir de mars 2019. Les essais sur des éléments radioactifs sont prévus avant la fin de l'année.

Le volume traitable de gravats recyclables serait assez modeste dans un premier temps mais la création d’une filière industrielle viable est possible. Même s’ils resteront classés en déchets de très faible activité (TFA), les granulats décontaminés pourraient alors servir par exemple de remblai pour les alvéoles de stockage de déchets TFA du Cires ou à la fabrication de bétons pour l’industrie nucléaire. La pâte de ciment, quant à elle, pourrait être exploitée pour la fabrication de béton afin de remplir et stabiliser certains colis de déchets radioactifs avant leur stockage