22.11.2016

Le réacteur ATMEA1 dispose d’un système antisismique robuste selon l’AIEA

Le réacteur ATMEA1 dispose d’un système antisismique robuste selon l’AIEA
Par la rédaction

Audité depuis plusieurs semaines par les experts de l’AIEA, le réacteur de troisième génération ATMEA1 répond aux standards de sûreté de l’Agence, notamment en ce qui concerne la tenue face aux séismes. Ce « petit EPR », adapté aux réseaux électriques en développement, complète l’offre française à l’export.

Un réacteur « robuste »

En 2016, à la demande de la société franco-japonaise ATMEA, une mission d’expertise de l’AIEA a été envoyée sur le site de Kobé (Japon) dans le cadre d’une évaluation des installations antisismiques du réacteur ATMEA1.

Cette mission d’évaluation a conclu que la méthodologie antisismique du réacteur correspondait aux standards de sûreté de l’Agence onusienne. Pour Greg Rzentkowski, directeur de la sûreté des installations nucléaires de l’AIEA : « Le réacteur ATMEA1 intègre de nombreuses approches techniques et méthodologiques qui permettent l’établissement d’un système antisismique robuste ».

ATMEA1 dispose d’une enceinte de confinement spécifiquement conçue pour les accidents graves.

L’accident de Fukushima est arrivé en pleine revue de l’ATMEA par l’ASN, qui a considéré ce modèle « Fukushima Safe by Design ». Cette situation doit beaucoup à l’approche française en matière de sûreté qui fait autorité au niveau mondial de telle sorte que même l’AIEA s’en est inspirée dans ses directives post-Fukushima.

Comme son grand-frère l’EPR, ATMEA1 dispose d’une enceinte de confinement spécifiquement conçue pour les accidents graves, et des systèmes dédiés, indépendants des systèmes de sauvegarde classiques, permettant le refroidissement et le contrôle du réacteur dans les situations les plus extrêmes.

Un « petit EPR »

Le réacteur ATMEA1 est né d’un partenariat entre AREVA et Mitsubishi Heavy Industries, qui ont créé en 2007 la société ATMEA. Dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire, des discussions sont en cours qui envisagent la participation d’EDF dans la joint-venture.

Ce réacteur à eau pressurisée de génération III de plus petite taille que l’EPR (1 000 MW de puissance nette) dispose des mêmes équipements et solutions que ce dernier (pompes primaires, récupérateur de corium, meilleur rendement sur les réacteurs de précédente génération, etc.).

Ses particularités : l’ATMEA1 peut fonctionner avec de l’uranium enrichi et avec du combustible recyclé MOX. Ce réacteur est doté de trois boucles primaires raccordées à sa cuve (contre quatre pour l’EPR).

L’ATMEA1 présente l’avantage de pouvoir être connecté à des réseaux électriques ne pouvant pas supporter des réacteurs de grande puissance comme l’EPR. La Chine et la France peuvent accepter de fortes puissances comme celles de l’EPR (1650 MW), ce qui n’est pas le cas dans des pays comme la Turquie, le Vietnam et le Brésil où le réseau n’est pas suffisamment stable.

Une gamme de réacteurs complète, pour répondre aux besoins du marché

Le marché des réacteurs nucléaires de moyenne puissance est très concurrentiel. Les filières nucléaires russes, chinoises et américaines proposent des réacteurs analogues. Cependant, le potentiel à l’export de ce type de réacteur reste élevé et plusieurs pays s’y intéressent : le Canada, le Brésil,…

C’est en Turquie que le premier ATMEA1 devrait démarrer. En 2013, le pays a signé un contrat pour la construction de quatre unités sur le site de Sinop (mer Noire).

Le Vietnam semblait également nourrir d’importantes ambitions : se doter d’une capacité nucléaire de 8 000 MWe en 2025 et 15 000 MWe en 2030. Pour des raisons budgétaires, le gouvernement a engagé au début du mois de novembre une procédure pour annuler ses premiers projets de centrales nucléaires, compromettant l’export du modèle ATMEA1.

Dans un marché en croissance – jamais autant de réacteurs n’ont été construits ces 25 dernières années -, la France dispose aujourd’hui d’une gamme de deux réacteurs (EPR et ATMEA), qu’elle est en train de renforcer avec l’EPR nouveau modèle, de petits réacteurs modulaires (SMR), et, à plus long terme, des réacteurs à neutrons rapides (4e génération). 
 

Crédit photo : ATMEA