09.04.2019

Projet du premier SMR français

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Par la rédaction SFEN

TechnicAtome, au sein d’un partenariat français soutenu par l’Etat, développe un petit réacteur modulaire (ou Small Modular Reactor - SMR) qui s’appuiera sur une chaufferie de moins de 200 MWe. Réunis autour d’EDF, chef de file de la filière électronucléaire française, TechnicAtome, le CEA et NAVAL Group travaillent au développement de cette offre française. 


Les SMR, une réponse à des besoins d’énergie bas carbone

La satisfaction des besoins énergétiques croissants dans le monde et la nécessité de répondre aux enjeux de réchauffement climatique imposent l’énergie nucléaire, une source d’énergie décarbonée et pilotable, dans un mix énergétique composé aussi de renouvelables, mais par nature intermittents. Mais l’accès à l’énergie nucléaire a toujours été réservé aux grands pays industriels, et cette tendance devrait se poursuivre, du fait du renchérissement des centrales nucléaires aux niveaux de puissance et normes de sûreté encore plus élevés (génération III+). Aux contraintes économiques s’ajoutent des contraintes de tailles de réseaux pour beaucoup de pays, fermant ainsi l’accès à l’énergie nucléaire, telle que l’on connait aujourd’hui. Pourtant, une nouvelle voie s’ouvre avec les SMR.


La filière française se rassemble

Dans le monde, de nombreux projets sont en cours, et les plus prometteurs pour un déploiement dans la décennie à venir sont ceux de la filière des réacteurs à eau pressurisée, filière éprouvée à la fois pour la production d’électricité et la propulsion navale.
La France, qui maîtrise parfaitement ces deux applications, est bien placée pour proposer un concept performant de SMR satisfaisant les meilleurs standards de sûreté et apte à vitaliser encore davantage son industrie nucléaire. C’est ce qu’ont entrepris les acteurs français CEA, EDF, TechnicAtome et NAVAL Group, réunis pour le développement d’un SMR made in France.

En quoi le SMR français sera-t-il innovant ?

Comme le rappelle TechnicAtome, l'objectif du futur SMR est qu’il soit facile à fabriquer, grâce à un design simplifié, tant dans son architecture générale que dans la conception de ses composants ; et facile à assembler, du fait de sa conception modulaire, sa compacité et son architecture intégrée. Il doit permettre aussi une nouvelle approche de la sûreté.  En effet, grâce aux innovations qu’il comporte, le SMR dispose de mécanismes de sûreté passifs, en respectant toutes les exigences de sûreté de la Génération III et offrant des marges complémentaires. Enfin, le SMR doit être facile à exploiter, grâce à un assemblage de plusieurs modules permettant flexibilité en opération et en maintenance.

Il s’agit bien sûr de s’appuyer sur le savoir-faire français en matière de haute technologie, en vue de répondre à différents besoins. Ce SMR pourra fournir de l’électricité au réseau en semi-base, accompagnant en particulier le déploiement d’énergies renouvelables sur les réseaux d’électricité, à travers son fonctionnement en grappe de plusieurs réacteurs (2, 4, 6 voire 8 réacteurs). Il sera à même de pouvoir alimenter des sites isolés pour répondre à leurs besoins spécifiques.

Grâce aux innovations, trois ans seulement seront nécessaires pour construire un module de SMR.

Les étapes du projet de SMR français

2012-2014 : Etudes de faisabilité amont
mi 2017 à mi 2019 : pré-APS (Avant-Projet Sommaire)
mi 2019 à fin 2022 : Avant-Projet Sommaire et mise en place d’une coopération internationale
2022 – 2025 : Basic Design
2025 – 2030 : Phase de concept avancé – certification – construction de la chaine industrielle
2030 : Construction de la tête de série

A l’occasion de la conférence européenne sur les réacteurs de recherche RRFM, TechnicAtome a présenté en avant-première sur son stand une animation en 3D du projet de réacteur électrogène modulaire compact innovant « F-SMR » auquel elle contribue.

Découvrir l’animation 3D