07.03.2017

Portrait - Maki Garba, directeur adjoint du Musée national Boubou Hama

« Le Musée national, c’est le Niger dans un mouchoir de poche » Maki Garba, directeur adjoint du Musée.jpg
Par la rédaction

Le Niger a toujours manifesté son intérêt pour les musées et en donner l’accès au plus grand nombre. Créé en 1958, le musée national Boubou Hama est considéré comme le joyau du pays et le symbole de l’unité nationale. De par ses spécificités, il a atteint une dimension internationale. La parole a Maki Garba, directeur adjoint du musée depuis février 2016.

Un musée national original

Implanté sur 24 hectares en plein centre de Niamey, le Musée national a pris le nom de Boubou Hama, célèbre pour son parcours pluridisciplinaire : premier instituteur du Niger, premier président de l’Assemblée nationale en 1960, mais aussi historien, écrivain, philosophe. « En 1958, Boubou Hama confia à Pablo Toucet la création du premier Musée national à Niamey, après s’être distingué dans la restauration du Musée Bardo à Tunis », explique Maki Garba dont la mission est d’apporter une expertise en matière muséologique et muséographique, de contribuer à la promotion, la conservation et la mise en valeur du patrimoine culturel. Le musée est aussi à l’origine de la première institution à abriter l’artisanat traditionnel où les artisans exercent leurs métiers d’art sur place. En outre, « en 1970, le musée a ouvert une école d’enseignement pour les jeunes afin de faciliter leur insertion dans la vie professionnelle dans des domaines tels que la menuiserie, la maçonnerie… Un savoir-faire nécessaire au pays dont nous sommes fiers au musée », précise Maki Garba, titulaire d’un master en développement et gestion du patrimoine culturel.

Entretenir un musée national relève parfois du défi​

Malgré les aides de l’État, un musée national d’une telle richesse et diversité d’offres nécessite d’importants moyens financiers quand il s’agit de rénovation de grande ampleur. Maki Garba le sait mieux que personne pour avoir été missionné à plusieurs reprises à la Direction générale des économies et de l’entreprenariat culturel au ministère de la Culture. Le Pavillon de l’uranium était devenu vétuste et proposait des informations trop anciennes, alors même que ce lieu a toujours été un des plus visités du musée. « AREVA a accédé à notre sollicitation de rénovation. Nous avons apprécié la rigueur intellectuelle avec laquelle le thème de l’uranium a été traité, et la transparence avec laquelle le projet a pris forme. Notre devoir était aussi de nous assurer que les objets de paléontologie découverts par les premiers géologues au Niger et les autres richesses de ce pavillon – constitutifs du patrimoine – retrouvent leur place dans la rénovation. »

Pari tenu. Comme le soulignait le ministre de la Renaissance culturelle lors de l’inauguration du pavillon le 30 mai 2016, ce dernier « s’inscrit dans une dynamique de diversification de l’offre à des fins pédagogiques, éducatives, scientifiques et culturelles, sur fond de nouvelles thématiques appropriées à un public de plus en plus exigeant. Le Pavillon de l’uranium en est, sans conteste, un des fleurons majeurs. » Pour Maki Garba, « comme tout grand projet, ce qui a déterminé la rénovation du Pavillon de l’uranium, c’est avant tout, l’énergie, la ténacité, la coopération au quotidien déployées par les équipes d’AREVA et les nôtres, qui ont fait toute la différence. » Bref, un exemple de partenariat réussi entre les mondes de la culture et de l’industrie.

Maki Garba, un homme engagé

Son parcours est complet et équilibré, entre cursus académique et professionnel, formations techniques dans différentes structures. Outre ses fonctions au Musée national, Maki Garba garde un pied dans le milieu étudiant en tant que professeur certifié de Jeunesse et d’Action culturelle à l’Institut national de la jeunesse, des sports et de la culture de Niamey. Son engagement se trouve aussi dans la vie associative : il est membre fondateur de l’ONG Culture-Art & Humanité du Niger, membre du Réseau international des chercheurs et des praticiens pour une culture de la paix, membre de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle, membre du Conseil international des musées section du Niger (ICOM Niger) et du WAMP (West African Museums), programme qui œuvre pour le rayonnement des musées africains.

Il est possible de le contacter via le portail http://niger.areva.com où il coordonne plusieurs projets culturels.