07.03.2017

Le Pavillon de l’uranium à Niamey, patrimoine industriel nigérien

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Par la rédaction

C’est au sein du réputé musée national Boubou Hama de Niamey, qui symbolise toute la richesse du patrimoine national, que le pavillon de l’uranium a vu le jour en 1985. Après trente ans d’existence, AREVA a rénové cet espace, avec le soutien des autorités locales. Une opportunité de valoriser le patrimoine industriel nigérien et d’informer au plus près la société civile sur la vie d’une mine d’uranium, aujourd’hui.

Plus de cinquante ans se sont écoulés depuis les campagnes d’exploration au Niger qui avaient conduit à la découverte de très importants gisements d’uranium. Jacques Mabile [1], à qui le Pavillon de l’uranium a été dédié, avait dirigé d’importants projets d’exploration, en particulier dans la région de l’Aïr. Sa foi en l’avenir avait permis la création de l’industrie minière de l’uranium au Niger entre 1966 et 1971, et la création des sociétés minières nigériennes de SOMAÏR et de COMINAK.

L’industrie, patrimoine national

La création d’un pavillon dédié à l’uranium au cœur du Musée national Boubou Hama reconnaissait le succès d’un projet industriel qui a permis d’élever le Niger parmi les tout premiers producteurs mondiaux d’uranium. Plus largement, à l’échelle mondiale, l’industrie minière représente aujourd’hui plus de 570 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Elle reste l’une des industries dominantes et l’un des principaux moteurs du développement économique, en termes de revenus, d’emplois ou d’infrastructures.

Expliquer au plus grand nombre les activités minières

Le nouveau Pavillon de l’uranium devait traduire l’évolution de l’industrie uranifère et le savoir-faire d’aujourd’hui, dans une volonté de vulgarisation scientifique et technique auprès du grand public, des écoles ou des personnalités de passage à Niamey. Désormais, ce pavillon dresse un panorama de l’ensemble du cycle de vie d’une mine, de l’exploration à l’extraction du minerai, de la production du yellow cake [2] jusqu’au réaménagement du site.

Si les techniques du géologue restent sensiblement les mêmes qu’il y a cinquante ans, les technologies mises en œuvre sur les sites miniers ont changé et progressé : outils de production, sécurité, suivi environnemental, intégration dans les territoires. Photographies anciennes et récentes, vidéos, tenues de protection et objets propres au métier du mineur, reproduction d’engins en miniature, minéraux… complètent les explications. D’autres espaces sont dédiés à l’uranium et aux recherches entreprises depuis les années 1960.

Comprendre le phénomène de la radioactivité

Parler d’uranium, c’est faire le lien avec le monde de l’atome et de la radioactivité : sa découverte, ses multiples utilisations au quotidien dans le monde, en passant par des explications simples sur les différentes expositions, les mesures de la radioactivité, la radioprotection… Des présentations appréciées en particulier par les professeurs de sciences et les étudiants.

Succès au rendez-vous

Neuf mois se sont écoulés depuis l’ouverture de cet espace et son succès semble acquis, puisque le Pavillon de l’uranium est devenu le deuxième des huit Pavillons le plus visité du Musée, après celui des Costumes traditionnels.

Aller plus loin : lire l’ouvrage Le Pavillon de l’uranium – juin 2016 sur niger.areva.com

 

 
En chiffres…
- 25 000 visiteurs reçus au Musée national par semaine
- Plus de 99 % des salariés des sociétés minières au Niger sont nigériens
- 100g d’uranium = 2,5 tonnes de bois = 1 tonne de pétrole = 1,5 tonne charbon
- Les gisements actuellement en exploitation dans le monde contiennent entre 100g et 10kg d’uranium par tonne de minerai
 

 

1.

Jacques Mabile (1923-1971) est un ingénieur et homme d’affaires français. Il a dirigé les recherches et exploitations minières du CEA et plusieurs installations de production d’uranium. Il est aussi à l’initiative de la création des sociétés minières privées de l’uranium au Gabon et au Niger, qui deviendront la Cogema puis AREVA

2.

Le yellow cake est un concentré solide d’uranium (gâteau jaune du fait de sa couleur et sa texture pâteuse en fin de procédé) contenant environ 75 % d’uranium, soit 750 kg par tonne. Le yellow cake est par la suite conditionné et enfuté, puis expédié jusqu’aux usines de conversion pour y subir de nouveaux traitements chimiques.