05.07.2016

« Le nucléaire est un choix moderne » Emmanuel Macron

« Le nucléaire est un choix moderne » Emmanuel Macron
Par Boris Le Ngoc, Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN)

A l’occasion de la deuxième édition du World Nuclear Exhibition, Emmanuel Macron a salué la « vivacité » de la filière nucléaire et a confirmé la place de l’atome dans la stratégie énergétique de l’Hexagone. Pour que les entreprises françaises gagnent des parts de marché à l’export, le Ministre de l’Economie les invite à embrasser la transformation numérique en cours et à développer des partenariats stratégiques, Chine, Japon et Russie notamment.

Le nucléaire, un choix « moderne »

A plusieurs reprises, le Ministre de l’Economie a rappelé que le nucléaire était un choix historique qui s’ancrait dans l’avenir. « Le nucléaire, ça n'est pas simplement un choix du passé, c'est un choix résolument moderne qui correspond pleinement aux enjeux du XXIème siècle. Notre filière rassemble 220 000 emplois particulièrement qualifiés, près de 2 600 entreprises et environ 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est évidemment considérable et c'est aujourd'hui une vraie filière industrielle. Ensuite, c'est au cœur aussi des enjeux climatiques et environnementaux parce que le nucléaire c'est ce qui permet en France la production d'électricité décarbonée. » souligne-t-il.  

Le choix du nucléaire correspond pleinement aux enjeux du XXIème siècle

Ce choix du nucléaire n’est pas antinomique avec le développement des énergies renouvelables. Mieux, ces deux orientations se complémentent. « Ces énergies sont complémentaires dans leur mode de production : il y a d'un côté une production très centralisée, la production nucléaire, de l'autre une production de plus en plus décentralisée, les renouvelables ; la première est forte par sa constance, sa stabilité dans le temps, les garanties qu'elle apporte et l'autre est intermittente et à certains moments très peu chère. C'est cette complémentarité que nous devons orchestrer ».

La réinvention de la filière française passera par le numérique

Défenseur de la French Tech et des start-up made in France, le Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique a présenté aux industriels sa vision du nucléaire de demain. Convaincu que le numérique est un levier important de la restructuration de l’industrie au sens large, Emmanuel Macron invite la filière à déployer à grande échelle les outils de l’industrie du futur et par-là même rejoint les orientations proposées par la SFEN (« L'industrie nucléaire se réinvente pour relever les défis de 2030 ») : « Comme tous les autres secteurs, le nucléaire peut aujourd'hui bénéficier des outils numériques pour améliorer et fluidifier l'ingénierie, pour anticiper les pannes avec une maintenance préventive, pour innover avec une conception qui inclut la fabrication additive, les outils de simulation numérique… ».
 

Le locataire de Bercy souhaite que l’ensemble des acteurs de la filière, des grands industriels aux PME en passant par les start-up, adopte les outils numériques comme le Big Data, le BIM (Modélisation des données du bâtiment) et le PLM (gestion du cycle de vie des produits). « Ces outils révolutionnent l'industrie nucléaire tant en termes de processus que de méthodologie. C'est cette transformation que nous devons poursuivre et intensifier ».

Le développement du numérique doit « faciliter la conception, la construction de projets » et « produire de manière plus sécurisée, plus rapide, et plus efficace », estime le Ministre.

« La filière française a des atouts, rappelle Emmanuel Macron, elle est la première filière à avoir proposé un contrôle commande entièrement numérique ». Forte de son expérience, la France pourrait contribuer à inventer « le nucléaire du XXIe siècle ».

Les partenariats internationaux

Pour conquérir de nouveaux marchés, innover dans la conception de nouveaux réacteurs, et mutualiser les coûts de développement, la filière française doit renforcer ses partenariats étrangers. Emmanuel Macron met en avant le partenariat France-Japon, illustré par le développement du réacteur ATMEA, le partenariat historique avec la Chine qui a débuté avec la construction de la centrale de Daya Bay, et les coopérations entre équipementiers, entre GE-[Alstom] et ROSATOM par exemple.

Ces partenariats sont stratégiques pour l’avenir de la filière française. « C’est pourquoi, conclut Emmanuel Macron, l'État est ouvert à ce que des partenaires étrangers prennent des participations minoritaires dans AREVA et dans AREVA NP dans les opérations capitalistiques en cours ».