30.07.2019

Le nouveau Premier ministre britannique promet de dynamiser le nucléaire

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Article de WNN du 26 juillet 2019 - traduit/Cécile Crampon - ©Crédit Photo - Parliament.tv

Boris Johnson a exprimé son soutien "passionné" à l'énergie nucléaire lorsqu'il s'est adressé à la Chambre des communes pour la première fois en tant que Premier ministre britannique le 25 juillet dernier. Sept des huit centrales nucléaires du pays devraient être mises à l'arrêt d'ici 2030, tandis que les projets de construction neuve ont été confrontés à une incertitude financière au cours des deux dernières années.

Trudy Harrison a posé une question au Premier ministre. Trudy Harrison est députée de Copeland, l'arrondissement de l’ouest de la Cumbrie qui comprend Sellafield, le site de retraitement du combustible nucléaire et de démantèlement nucléaire, ainsi que le site proposé pour le projet de centrale nucléaire abandonnée de Moorside. Elle lui a demandé s'il était d'accord pour dire que "le moment est venu pour une renaissance nucléaire", ajoutant que Copeland est un "centre d'excellence nucléaire".

Johnson a répondu: "Il est temps de renouer avec le nucléaire et je crois passionnément que le nucléaire doit faire partie de notre bouquet énergétique", ajoutant que l'énergie nucléaire aidera le pays à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de carbone.

Le 22 juillet, jour où Johnson a été élu à la tête du Parti conservateur et deux jours avant qu'il remplace officiellement Theresa May au poste de Premier ministre, le gouvernement a lancé une consultation sur le financement de centrales nucléaires à grande échelle et un projet d'investissement de 18 millions de livres sterlings (22 millions dollars) pour des petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors - SMR).

Greg Clark, secrétaire d'État du Département des entreprises, de l'énergie et de la stratégie industrielle (BEIS) - que Boris Johnson a remplacé cette semaine par Andrea Leadsom - a annoncé en juin 2018 que le gouvernement examinerait la viabilité d'un modèle fondé sur la base d'actifs réglementés (RAB) relatif aux nouveaux projets nucléaires. La consultation indique que, si le coût des technologies renouvelables continue de baisser, elles fourniront probablement la majorité de la capacité de production du pays à faible émission de carbone en 2050. Elle ajoute que le rôle des "entreprises" à faible émission de carbone restera crucial, toujours disponible, en 2050. Le modèle du RAB ne s'appliquerait pas à Hinkley Point C (HPC), actuellement en construction par EDF Energy à Somerset, en Angleterre, mais s'appliquerait aux futures centrales. Jusqu'à cinq autres projets de construction neuve avaient été planifiés par EDF Energy, en collaboration avec China General Nuclear (CGN), NuGeneration (NuGen) et Horizon Nuclear Power.

La société française EDF Energy construit deux réacteurs pressurisés européens à Hinkley Point, CGN détenant une participation de 33,5% dans le projet. Il est prévu aussi de construire de nouvelles usines à Sizewell dans le Suffolk et à Bradwell dans l’Essex, ce dernier site utilisant la technologie des réacteurs chinois. Le groupe d'ingénierie britannique Atkins, membre du groupe SNC-Lavalin, a annoncé hier qu'un contrat de 5 millions de livres sterling lui avait été attribué pour la conception de base des travaux de construction sur le site de Sizewell C.

En novembre dernier, le groupe Toshiba Corp a annoncé qu’il mettait fin à son projet de construction nucléaire à Moorside, ainsi qu'à sa filiale, NuGen. L’objectif était de construire une centrale nucléaire d’une capacité maximale de 3,8 GWe en utilisant la technologie de réacteur nucléaire AP1000 fournie par Westinghouse. La conception du réacteur était achevée dans le cadre du processus d'évaluation de la conception générique (GDA) en mars 2017, quand Westinghouse, au même moment, a déposé une demande de protection, en vertu du "chapitre 11", auprès des tribunaux américains.

Puis, au début de cette année, les projets de nouvelle construction d’Horizon ont été suspendus, alors même que la filiale britannique du groupe japonais Hitachi avait avancé sur son projet de fourniture d'une nouvelle capacité d’au moins 5,4 GWe sur deux sites - Wylfa Newydd, dans le nord du Pays de Galles, et Oldbury. -on-Severn, dans le sud-ouest de l'Angleterre - à partir de réacteurs REB avancés d'Hitachi-GE UK. Le concept britannique ABWR a achevé avec succès le processus GDA en décembre 2017. Horizon a salué le lancement de la consultation du RAB par le gouvernement, affirmant qu'un nouveau modèle de financement était "l'une des étapes essentielles" pour relancer ses activités de développement.