05.12.2017

D’ITER aux start-up, le rêve de la fusion nucléaire se rapproche

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Par Tristan Hurel (SFEN)

La maitrise de la fusion nucléaire n’a jamais été aussi proche : toutes les étapes clef pour la construction du démonstrateur ITER ont été réalisée dans les temps, France et Chine accroissent leur coopération sur l’énergie de fusion et la start-up Tri Alpha Energy accélère grâce à l’IA et le soutien du gouvernement américain.

Dans un domaine de recherche marqué par des temps très longs, les dernières semaines de novembre auront été jalonnées par plusieurs annonces encourageantes.

ITER, vers un premier plasma en 2025

La première concerne le chantier du projet expérimental ITER, sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône). Le 21e Conseil ITER, réuni mi-novembre au siège de l’organisation, à Cadarache, a conclu à la bonne performance du chantier : depuis le 1er janvier 2016, la totalité des 26 étapes fixées par le Conseil ont été franchies dans le strict respect du calendrier global du programme. Tout porte à croire que cette installation hors norme, partagée par 35 pays, produira son premier plasma en 2025, puis en 2035 les expériences en « deutérium-tritium », un plasma à haute puissance et haute performance. Dès lors, la prochaine étape sera DEMO, démonstrateur industriel et commercial actuellement en conception qui succédera à ITER à partir de 2040.

Siffer, étape clef dans la coopération franco-chinoise sur la fusion

Par ailleurs, suite à la signature le 23 novembre d’un accord cadre, les scientifiques chinois et français travaillant dans le domaine de la fusion nucléaire vont désormais collaborer au sein du Centre franco-chinois sur l’énergie de fusion (Siffer). Le partenariat permettra notamment de mener en commun des actions de R&D scientifiques et technologiques dans le domaine de la fusion nucléaire par confinement magnétique. Siffer s'appuie en particulier sur des activités conjointes au niveau de l'exploitation scientifique des machines de fusion française et chinoises (West, East, HL2A, HL2M), et sur les activités de R&D en accompagnement des études de conception des machines de fusion du futur (Iter, China Fusion Engineering Test Reactor, etc.).

Ce programme a vocation à mutualiser et optimiser l'utilisation des moyens humains et scientifiques des différents instituts impliqués et devient ainsi un acteur de tout premier plan mondial dans le domaine de la R&D en fusion. Siffer permettra de mettre en commun les avancées et les innovations des deux pays pour accélérer le développement de cette technologie du futur.

Aux Etats-Unis, intelligence artificielle et supercalculateurs au service de la fusion

De l’autre côté de l’Atlantique, les bonnes nouvelles viennent de Tri Alpha Energy (TAE). Bénéficiant déjà de l’appui technique de Google pour le « machine learning » et l’intelligence artificielle pour optimiser la configuration de son plasma, la start-up, financée notamment par Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, a été admise au sein du programme de supercalculateur du département d’Etat de l’énergie (DOE). De quoi accélérer davantage sa quête de maitrise de la fusion nucléaire. Le Office of Science program, connu sous le nom de Innovative and Novel Computational Impact on Theory and Experiment (INCITE), donnera accès aux chercheurs de la start-up à 31 millions de cœurs/heure sur son supercalculateur Cray XC40. Ces calculs permettront de faciliter la recherche de la meilleure configuration technique et technologique pour parvenir à une fusion contrôlée.