11.04.2017

Inde : l’INS accompagne un programme nucléaire ambitieux

indian_nuclear_society_-_nuclear_for_climate.jpg
Par Valérie Faudon (SFEN)

A l’occasion de la COP 21 à Paris fin 2015, Mr RK Singh, secrétaire général de l’Indian Nuclear Society (INS), déclarait : « l'Inde est prête à développer l'énergie nucléaire pour fournir un quart de l'électricité du pays en 2050, afin de répondre à la fois aux besoins croissants en électricité de sa population, et à la nécessité de lutter contre le changement climatique ». Fondée en 1988, l’INS rassemble 5 500 membres, chercheurs, ingénieurs, professionnels et spécialistes de l’énergie nucléaire en Inde.

Le double défi de l’Inde

L’Inde, qui devrait compter 1,5 milliard d’habitants en 2030, est confrontée à un double défi. Le premier est de fournir de l’électricité aux 300 millions d’Indiens qui n’ont toujours pas accès à cette énergie. L’AIE [1] prévoit un triplement de la demande d’électricité d’ici 2040. Le deuxième est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, le pays étant devenu en quelques années le troisième plus grand émetteur de la planète.

Un programme ambitieux pour l’énergie nucléaire

L’histoire de l’énergie nucléaire débute en 1957 avec l’inauguration d’un premier réacteur de recherche. Depuis, « la plus grande démocratie du monde » a développé une solide expérience scientifique et technique. Avec 21 réacteurs en exploitation et 6 en construction, le pays produit 3,5 % de son électricité à partir de l’énergie nucléaire [2]. L’atome permet ainsi d’éviter le rejet dans l’atmosphère de près de 20 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de 3,7 millions de véhicules pendant une année.

D’ici 2020, le gouvernement prévoit l’installation de 20 GW nucléaires (contre 5,8 GW aujourd’hui) et 63 GW en 2032. Les énergies renouvelables ne sont pas en reste : d’ici 2022, 60 GW d’éolien et 100 GW de solaire devraient être installés. À plus long terme, l’Inde ambitionne de devenir un des leaders mondiaux dans la conception des réacteurs à neutrons rapides et dans le cycle du thorium.

Le partenariat avec la France

En 2008, la France a été le premier pays à signer un accord nucléaire civil avec l’Inde. Deux ans plus tard, des accords-cadres ont été signés entre AREVA et NPCIL pour la construction de deux réacteurs EPR, premiers d’une série de six unités, à Jaitapur (ouest de l’Inde). En 2015, un contrat a été signé pour des études de pré-ingénérie entre AREVA et NPCIL [3], afin de préparer la certification du réacteur en Inde et de finaliser les spécifications techniques du projet.

En janvier 2016, dans le cadre de la réorganisation de la filière française, EDF a paraphé le protocole d’accord. EDF a transmis en juin 2016 à NPCIL un dossier permettant d’avancer sur les conditions économiques, financières et techniques du projet. Les discussions, qui sont exclusives, avancent sur cette base. EDF travaille également en lien avec le DAE, l’agence nucléaire indienne, à la certification du réacteur EPR en Inde.

L’INS et Nuclear for Climate

La Société Nucléaire Indienne (INS) est un organisme professionnel composé de scientifiques, d’ingénieurs et de techniciens nucléaires en Inde, dont le siège est à Mumbai et possède des succursales à Hyderabad, Kakrapar, Kalpakkam, Rawatbhata, Kaiga, Mysore, Narora et IIT Kanpur. Sa mission est de promouvoir l’avancement de la science et de la technologie nucléaires ainsi que les disciplines scientifiques associées, via l’organisation de conférences pour les étudiants et les professionnels. Elle collabore depuis de nombreuses années aux conférences internationales de la SFEN.

L’INS vise également à sensibiliser le grand public aux bénéfices de l’énergie nucléaire, et a rejoint dans ce cadre l’initiative Nuclear for Climate, fondée par la SFEN, dès son lancement en 2015. À cette occasion, l’INS a lancé un programme d’activités à l’échelle nationale dans différentes villes du pays : des marches à vélo, des communications sur les réseaux sociaux, des pièces de théâtre, des expositions, des plantations d’arbres, la visite d’installations nucléaires et des conférences publiques. Des produits dérivés, t-shirts, badges, casquettes, ou encore tasses ont été distribués au public.

1.

World Energy Outlook 2015, AIE.

2.

AIEA.

3.

Nuclear Power Corporation of India Limited.