05.03.2019

Grand débat : Occitanie, une expertise internationale dans la chimie nucléaire ( 8/9)

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Par Maruan Basic

De la centrale nucléaire de Golfech à l’usine de Malvési reconnue pour sa maitrise de la chimie de l’uranium, l’Occitanie peut s’appuyer sur une filière d’excellence forte de 13 000 emplois directs et indirects. Le site de Marcoule dans le Gard, rassemble, à lui seul, un tiers des emplois de la filière dans la région.

Mise en service au début des années 90, la centrale nucléaire de Golfech se situe dans le département du Tarn-et-Garonne. Aussitôt la centrale s’est imposée comme un acteur économique incontournable de la région. Plus de 760 salariés EDF travaillent à la centrale de Golfech, ainsi que 250 salariés permanents d’entreprises prestataires. Les entreprises locales sollicitées sont nombreuses, environ 150 en 2018. À titre d’exemple, les marchés passés avec ces entreprises dans le domaine de la maintenance ont représenté 7,6 millions d’euros. La centrale participe également à la formation des jeunes. Toujours en 2018, ce sont près de 51 apprentis et 40 stagiaires qui ont pu se former dans différents corps de métiers sur ce site industriel d’envergure.

Au sud de la région, à proximité de Narbonne dans l’Aude, l’usine Orano Malvési est en charge de la première phase de conversion consistant à purifier le minerai d’uranium naturel en provenance des mines en tétrafluorure d’uranium (UF4). Le degré de purification du procédé est tel qu’il permet de traiter tout type de minerai d’uranium, quel que soit son origine. A elle seule, l’usine Orano Malvési traite plus de 20 % du minerai d’uranium dans le monde. Le site compte 220 collaborateurs et près de 100 emplois indirects. De plus, Orano a annoncé l’investissement de 300 millions d’euros à horizon 2025 pour moderniser les installations. Une dizaine de personnes ont été recrutés afin de mener à bien cette opération de jouvence.

Le site nucléaire de Marcoule (Gard), avec 4 500 emplois, est le deuxième pôle industriel de la région Occitanie. Le CEA y compte l’un de ses 10 centres de recherche. Le site est une référence mondiale pour les recherches sur le cycle du combustible et le démantèlement des installations anciennes avec, notamment, quatre réacteurs nucléaires à l'arrêt. Le CEA a engagé un plan d'investissement de 200 millions d’euros sur la période 2015-2022 et soutient la création de sociétés en lien avec le démantèlement nucléaire. Socodéi, une filiale d'EDF, exploite ici une filière de traitement et de conditionnement des déchets faiblement radioactifs destinés à être stockés au centre de l’Aube. Le site accueille également l’usine de recyclage Orano Melox qui fabrique des assemblages de combustible Mox élaborés à partir d’oxydes d’uranium et de plutonium issus de combustibles usés. 10 % de l’électricité nucléaire française est produite avec ces matières recyclées. 

La région est également reconnue pour son excellence académique. Crée en 2009, par le CEA, le CNRS, l’Université et l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier avec le soutien de la Région, l’Institut de chimie séparative de Marcoule (ISCM) est venu renforcer la base de compétences et d’expertises des chercheurs de Marcoule. L’institut défriche des pans particulièrement novateurs en chimie, au bénéfice des filières nucléaires ou non nucléaires (matériaux recyclables, nouvelles technologies pour les énergies renouvelables, etc.). Au total, l’ICSM accueille dans ses différents sites plus de 100 doctorants issus du monde entier.