05.02.2019

Grand débat : Grand Est, le nucléaire d’hier et de demain (4/9)

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Par Maruan Basic

Le Grand Est est une région pionnière dans l’énergie nucléaire, de l’ouverture de Fessenheim en 1978, première centrale du parc actuel, au projet de stockage géologique profond Cigéo, inédit par l’ampleur de ses recherches partagées à l’échelle internationale. La région est à l’avant-poste de l’innovation nucléaire. Pour cela, elle peut s’appuyer sur les 206 entreprises de la filière présentes sur son territoire.

Les quatre centrales nucléaires de la région (Fessenheim, Chooz, Nogent-sur-Seine et Cattenom) permettent au Grand Est de fournir une électricité bas carbone et compétitive en alimentant l’Ile-de-France, la Bourgogne mais aussi nos voisins Belges, Luxembourgeois et Allemands. En effet, la région exporte 1,5 fois ce qu’elle consomme en électricité.

L’Andra exploite deux centres de stockage de surface, où chaque jour près de 200 professionnels gèrent plus de 90 % des déchets radioactifs produits en France. La construction d’un troisième centre, Cigéo, dont l’exploitation durera plus d’un siècle, permettra de créer des centaines d’emplois. Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) est le projet français de centre de stockage profond de déchets radioactifs. Ce centre est conçu pour stocker les déchets de moyenne et haute activité à vie longue produits par l'ensemble des installations nucléaires françaises actuelles, jusqu'à leur démantèlement, et par le recyclage des combustibles usés utilisés dans les centrales nucléaires. Cigéo s’inscrit dans un processus démocratique initié il y a plus de 25 ans.  Le centre sera implanté à Bure en bordure de la Meuse et de la Haute-Marne. Il sera composé d’une zone souterraine où seront stockés les déchets et d’installations de surface réparties sur deux zones. Le site assura ainsi la protection de l’homme et de l’environnement sur des centaines de milliers d’années.

Autre projet industriel majeur, dans les Ardennes, à trois kilomètres de la frontière belge, EDF organise la déconstruction du premier Réacteur à Eau Pressurisée (REP) de France, Chooz A. EDF ambitionne de déconstruire en mode « Everest » (Evoluer VERs une Entrée Sans Tenue universelle). Actuellement testé, le déploiement de ce mode permettrait aux professionnels d’évoluer dans un environnement radiologiquement propre. Le chantier de Chooz A est ainsi la vitrine du savoir-faire français en matière de démantèlement de la filière actuelle des REP, le modèle de réacteur majoritaire dans le monde.

Historiquement la région a accompagné le programme nucléaire français avec la centrale de Fessenheim. Aujourd’hui, la doyenne des centrales dont la fermeture est prévue pour 2020, est l’un des principaux employeurs du territoire. Cette dernière fait vivre environ 5 000 personnes entre Mulhouse et Colmar. Le 1er février, une « déclaration d’intention » concernant l’avenir du site a été signé entre des élus alsaciens et allemands, le ministère de la Transition écologique représenté par François de Rugy et Emmanuelle Wargon, et le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy. L’Etat et EDF se sont financièrement engagés pour préparer l’avenir du territoire qui s’articulera entre reconversion économique et transition écologique.