29.01.2019

Grand débat : Auvergne-Rhône-Alpes, le « poumon vert » de l’Europe (3/9)

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Par Maruan Basic

Grâce à ses 14 réacteurs nucléaires et ses installations hydrauliques, la région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région française productrice d'électricité. En effet, la région produit le double de sa consommation et permet ainsi d’alimenter la France et l’Europe en électricité bas carbone. Sur le terrain du développement économique, la filière nucléaire compte 37 000 emplois directs et indirects dans la région.

La région Auvergne-Rhône-Alpes connait de nombreuses installations nucléaires de base sur son territoire. En plus de ses 4 centrales nucléaires (Bugey, Saint-Alban, Cruas et Tricastin), d’établissements de médecine nucléaire (médecine nucléaire de la Doua, Lumen...), ainsi que des chantiers de démantèlement complexes comme celui de Superphénix à Creys-Malville ; la filière peut s’appuyer sur un tissu de 470 entreprises, majoritairement des PME. Parmi celles-ci, l’entreprise VELAN à Lyon s’est imposée comme la référence mondiale en matière de robinetterie nucléaire, faisant de la Chine, premier marché nucléaire du monde, son principal client. Autre succès marquant, REEL exporte ses équipements lourds de manutention nucléaires à l’étranger (Chine, Corée, Finlande, Afrique du Sud, Inde…). Elle aussi, née à Lyon, l’entreprise compte 2 000 professionnels au service d’une industrie de pointe. Afin d’animer ce réseau d’entreprise, Nuclear Valley le pôle de compétitivité de la région, accompagne depuis plus de 10 ans les professionnels du secteur. 

A quelques kilomètres, deux sites de Framatome, Jarrie (Isère) et Ugine (Savoie), interviennent dans le processus de transformation du zirconium, matériau essentiel à la fabrication du combustible nucléaire. Le site d’Ugine compte 300 collaborateurs avec un haut niveau de qualification et de compétence.

La région est également tournée vers l’avenir avec des centres de recherche nucléaire parmi les plus réputés du monde. Le SEPTEN, à Villeurbanne, est chargé de la sûreté et de la conception des réacteurs. Cette unité d’EDF emploie 700 personnes dont 80 % d’ingénieurs. A Grenoble, la recherche est fortement implantée avec l’un des 10 pôles de recherche du CEA ainsi qu’un synchrotron (ESRF), un accélérateur de particules. Actuellement à l’arrêt, sa remise en service est prévue en 2020. Il deviendra alors le premier synchrotron de quatrième génération dans le monde.

Au sud, le site du Tricastin accueille à la fois une centrale nucléaire (EDF) et des installations du cycle du combustible avec les usines récentes, de conversion et d’enrichissement de l’uranium, Philippe Coste et Georges Besse II (Orano). Plus grand site nucléaire d’Europe, ce vaste complexe industriel emploie plus de 7 000 personnes. En 2019, la centrale nucléaire du Tricastin commencera sa 4e visite décennale, visant à prolonger la durée d’exploitation de ses réacteurs au-delà de 40 ans. Le chantier de la première tranche, qui durera 4 mois, mobilisera près de 3 000 salariés et des centaines d’entreprises partenaires.