20.11.2018

Framatome renforce son statut de société apprenante avec un programme sur mesure

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Par Cécile Crampon, SFEN

Alors que l’industrie nucléaire est en pleine évolution, Framatome mise plus que jamais sur son expertise reconnue de chaudiériste nucléaire, de fournisseur d’équipements de services et de combustibles. Dans ce contexte, le groupe investit dans le Knowledge Management, un programme transverse de gestion des connaissances. L’objectif est de faire de Framatome une « organisation apprenante à l’état de l’art » d’ici quatre ans.

Que désigne le Knowledge Management ?

L’industrie nucléaire est par essence complexe car elle utilise souvent des technologies pointues au long cours, nécessite des compétences spécialisées, évolue dans un environnement extrêmement rigoureux, très réglementé. La place du collaborateur, technicien, ingénieur et/ou expert est au cœur de ces enjeux. C’est dans ce cadre que Framatome a lancé, fin 2017, le programme Knowledge Management, en cours de déploiement dans l’ensemble de l’entreprise.

« On parle ici de gestion des connaissances et d’un système par lequel nous transférons et partageons les connaissances critiques acquises par nos collaborateurs, pour les transformer en savoirs d’entreprise que l’on peut alors capitaliser, stocker, récupérer et déployer pour qu’ils soient utilisés par d’autres aujourd’hui et demain », explique Martin Roulleaux-Dugage, de la direction scientifique de Framatome. Ces savoirs réutilisables par l’entreprise se présentent sous des formes diverses : documents, vidéos, méthodes, modèles, algorithmes logiciels, applications…

Quelle gouvernance pour la gestion des connaissances ?

La gestion des connaissances chez Framatome est transverse aux 5 axes stratégiques que s’est fixés le groupe : une expertise reconnue et durable, la performance dans l’exécution, une organisation agile, des solutions sûres et compétitives, le développement à l’international.

D’ici 2021, Framatome compte intégrer dans ses équipes plus de 2 700 collaborateurs.

En ce qui concerne la gestion des connaissances, elle s’appuie elle-même sur 5 piliers :

  • transmettre des connaissances, par exemple celles des experts et des personnes quittant l’entreprise (départ en retraite…), ou encore développer des outils d’apprentissage en self-service et à la demande etc. ;
  • partager des connaissances, ou comment encourager la création de communautés d’apprentissage dans les domaines clés, créer des réseaux de détenteurs des savoirs, au sein des départements etc. ;
  • « boucler la boucle » des retours d’expérience, mettre en place un journal de bord électronique pour les activités techniques, créer des référentiels méthodologiques orientés utilisateur ;
  •  stocker des savoirs, autrement dit harmoniser la structure de la documentation technique, créer des bases de données de savoirs spécialisés etc. ;
  •  enfin, diffuser des savoirs ; comment déployer un moteur de recherche fédéré pour les contenus techniques, des annuaires spécialisés… pour faciliter l’accès à l’expertise ; déployer des plateformes informatisées d’accès au savoir etc.

Les enjeux de ce programme

Le succès du programme Knowledge Management est à la hauteur des enjeux de Framatome qui évolue dans un environnement très concurrentiel. La notion « d’expertise » est clé pour assurer la performance au quotidien, différencier ses produits et services et assurer ses développements futurs.

En charge du Knowledge Management, Christophe Lasne explique : « nous avons une communauté de 570 experts, avec 20 % de départ en retraite prévu d’ici 2021. Dans la même période, nous comptons sur l’intégration dans nos équipes de 2 700 collaborateurs. Nos activités industrielles sont à fort enjeu ; nous intervenons aujourd’hui sur 4 projets EPR qui représenteront une « mine de connaissances » pour les projets futurs. Notre programme de gestion des connaissances est plus que jamais un atout puissant du savoir-faire de notre groupe ».

Une pratique dans les GAFA

A n’en pas douter, la « gestion des connaissances » est devenue un des grands enjeux stratégiques des entreprises, en particulier depuis l’essor du digital. En effet, que font les GAFA si ce n’est capter des données pour les transformer en savoirs et les intégrer dans leurs plates-formes ? 

La compétitivité d’une entreprise, d’un groupe, des PME/ETI… dépend ainsi de plus en plus de la façon donc les connaissances acquises sur le terrain sont transformées par les collaborateurs en savoir d’entreprise ; un savoir qui peut alors être valorisé sous la forme d’offres nouvelles brevetées, etc.