08.10.2019

Des formations diplômantes pour répondre à la raréfaction de profils techniques

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La rédaction (SFEN) - © Orano - Ascani Maurice

Dans les métiers techniques de la filière nucléaire, le recrutement peut être parfois difficile, voire devenir un vrai casse-tête pour certaines entreprises qui se voient refuser des contrats par manque de main d’œuvre. Certaines qualifications se raréfient alors que les besoins, eux, sont toujours là. Pour répondre à cette pénurie, les industriels mettent en place des formations adaptées à leurs besoins, soit en interne, soit en partenariat avec des organismes régionaux et nationaux.

La dernière note technique de la SFEN, publiée en avril 2019, et intitulée « Quand décider d’un renouvellement du parc nucléaire français ? », avait souligné les difficultés rencontrées par la filière nucléaire en matière de recrutement de certains corps de métiers. Les candidats qualifiés en soudage et en travaux mécaniques sont considérés par les industriels comme très difficiles (72 %) ou difficiles (28 %) à recruter.

A la tête de 2 000 collaborateurs spécialisés dans les métiers techniques du nucléaire répartis sur 45 sites en France, SPIE nucléaire a mis en place différentes formations afin de répondre à ses besoins en France et à l’international.

En partenariat avec la région Auvergne-Rhône Alpes, un dispositif de Contrat d’aide de retour à l’emploi (CARED) a été mis en place en 2016. Après 738 heures de formation, étalées sur six mois, ce sont 10 tuyauteurs soudeurs qui ont été formés pour développer des compétences et des qualifications nécessaires en centrale nucléaire notamment. Tous ont été embauchés en CDI par SPIE Nucléaire. Huit d’entre eux continuent dans ces métiers, tout en suivant régulièrement des formations internes. L’entreprise y met les moyens puisqu’elle a ouvert un centre de formation à Beligneux dans l’Ain pour suivre des formations pratiques, sur des problématiques de soudage, et développer des spécialisations. « Cette première réussite a conduit plus largement SPIE à monter deux autres formations dès 2020 », conclut Danielle Guellec, Responsable formation, SPIE Nucléaire.

La POE est une aide au recrutement. Elle permet de former un collaborateur avant son embauche afin qu’il soit parfaitement opérationnel au moment de son arrivée dans l’entreprise.

La Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) est un dispositif en partenariat avec Pôle Emploi qui permet un co-financement des formations.  Ce dispositif a permis de proposer à 1 jeune de suivre une formation certifiante dans le cadre de l’activité Démantèlement, reconnue par le Répertoire national des certificats professionnels (RNCP), et aboutissant à un CDI. Après cette première expérience réussie individuelle, « la prochaine étape consistera à conduire des POEC « Collective », à plus grande échelle, toujours en partenariat avec Pôle Emploi et l’OPCO », précise Béatrice de Biasi, Chargée de RH SPIE Nucléaire. Là aussi, à la clef ce sont des postes proposés en CDI chez SPIE Nucléaire.

Autre dispositif : « Le Graduate Program » est un dispositif qui vise à recruter des jeunes ingénieurs diplômés et de les former aux métiers du nucléaire. Ce programme a été mis en place en 2014 pour palier déjà à l’époque des déficits en matière de recrutement. Deux autres éditions ont vu le jour depuis, en 2015 et 2017. Après neuf mois de formation en alternance, à la fois théorique et in situ, ce sont 24 jeunes ingénieurs qui ont été recrutés.

Le programme de formation se déroule en deux parties, la première est une formation interne reconnue (Savoirs communs du Nucléaire Sécurité, Radioprotection, Management, Gestion d’affaires…). Les formations sont dispensées au sein du centre de formation SPIE Nucléaire à Beligneux dans l’Ain (30 km de Lyon).

La seconde est un parcours ponctué d’immersions sur chantier (600 heures d’immersion sur l’ensemble des sites SPIE Nucléaire (Gravelines, Paluel, Blayais, Cattenom, La Hague, Flamanville, Tricastin et Marcoule). Le Graduate Program a permis de former une vingtaine de jeunes ingénieurs. Aujourd’hui SPIE Nucléaire est en pleine réflexion pour lancer un Graduate Program à destination du personnel chantier.

Un modèle qui fait ses preuves et se généralise

La métallurgie est en crise. « Dans le Cotentin, 1000 postes sont actuellement vacants », notait Serge Quaranta, de la Chambre de commerce et d’industrie Ouest Normandie, et Délégué territorial Endel Engie, en avril 2019. Pour répondre à ce problème, une action collective « Action soudure Cotentin » a été créée, réunissant une dizaine d’entreprises locales et régionales, la Région et la Chambre de Commerce et d’Industrie Ouest Normandie. L’objectif est de former des personnes de manière concrète et efficace, au métier très technique du soudage pour répondre à un déficit fort dans ce corps de métier, pourtant extrêmement recherché et gratifiant.

Gérard Perrier Industrie a également développé une école offrant des formations qualifiantes à une quinzaine de jeunes personnes par an. Les formations permettent à la fois de répondre aux besoins de l’entreprise et à une évolution