17.10.2017

FEM’Energia 2017: le nucléaire au féminin à l’honneur

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Par Tristan Hurel (SFEN)

Depuis 2009, EDF, WiN France et WiN Europe, en partenariat avec la Fondation EDF, décernent le prix Fem’Energia pour soutenir des femmes de la filière nucléaire passionnées par ce secteur perçu comme traditionnellement masculin, et en inciter d’autres à le rejoindre.

Pourquoi elles ont rejoint la filière

Les prix Fem’Energia récompensent les professionnelles, quel que soit leur statut (salariées, stagiaires, doctorantes) ou quel que soit leur métier. Ainsi, la catégorie « Femmes en activité » a été décernée à Chrystelle Chaumet, ingénieure Etude groupe Instrumentation & Qualification. A 46 ans, cette ingénieure a réalisé toute sa carrière chez EDF qu’elle a intégré à 17 ans via l’école des métiers du groupe. « J’ai toujours continué à me former tout au long de ma carrière » explique la lauréate qui adresse un message pour toutes les femmes : « le nucléaire est un domaine dans lequel il y a beaucoup d’opportunités de carrière. C’est un métier d’avenir où tout est possible. »

Pour Majda Veclain, lauréate du 1er prix dans la catégorie Femmes étudiantes en CAP/BEP/BAC PRO, concourir au prix Fem’Energia traduit un véritable engagement: « Si je pouvais donner au moins à une femme l’envie de reprendre les études et d’oser les métiers du nucléaire je serais encore plus fière de moi. »

Une filière en faveur de l’égalité homme-femme

Lors de la phase de grand renouvellement des compétences, au début des année 2010, la filière nucléaire, et ses 2 500 entreprises, a œuvré pour faire entrer beaucoup de femmes. Les résultats sont là, en particulier chez EDF, premier employeur nucléaire. Entre 2010 et 2015, sur les 23 000 salariés « nucléaires » du groupe, la part des femmes est passée de 13 % à 17 %, et continue de progresser. Claudine Hugonnard, RH chez l’électricien, explique qu’en 2016, hors R&D, le total des femmes chez EDF au sein de la Direction du Parc Nucléaire et Thermique (DPNT) et du Nouveau nucléaire est supérieur à 20 %. Au total, 23 % des cadres et 17,1 % des agents de maitrise sont des femmes (contre respectivement 22,5 % et 8,1 à 8,9 % dans l’ensemble du secteur industriel). Surtout, l’électricien s’est fixé un objectif volontariste de 30 % de personnel féminin dans le recrutement de cadres pour 2018 et au-delà dans son parc en exploitation. Un chiffre déjà dépassé parmi les alternants EDF, puisqu’en 2016, 34 % étaient des femmes.

Les femmes ont tout à fait leur place dans l’industrie nucléaire

 « La mixité est une chance »

« La mixité est une chance », explique Marjolaine Habouzit, 33 ans et superviseur en gestion de déchets à AREVA sur le site de la Hague et titulaire du prix BAC+2/3. Caroline Lamine, 26 ans, ingénieure environnement à TechnicAtome à Cadarache et lauréate du prix BAC +5 et + précise aussi sa passion pour le nucléaire : « C’est un domaine concret, très innovant, qui bouge beaucoup et surtout très enrichissant d’un point de vue humain. C’est tout ce que j’aime dans un métier. On a tout à fait cette place dans cette industrie. »

L’enjeu de l’insertion des femmes dans le marché du travail et dans l’industrie en particulier a fait l’objet d’une note de France Stratégie en septembre 2016. Pour ses auteurs, les discriminations rendent difficile l’accès au marché du travail et aux postes qualifiés d’une partie de la population en âge de travailler, ce qui nuit en particulier aux entreprises, lesquelles ne bénéficient pas des compétences de ces personnes.

Plus généralement, la présence de femmes dans l’industrie est un levier essentiel pour donner envie à d’autres femmes de se tourner vers les métiers scientifiques et techniques de l’industrie et vers la filière nucléaire.

Crédit photo : Véronique Fel

Légende : Remise des prix Fem'Energia 2017 catégorie BAC +2/3 aux lauréates