04.09.2019

Etats-Unis : sûreté nucléaire et ouragans

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Par Gaïc Le Gros (SFEN) - © Crédit Photo National Oceanic and Atmospheric Administration's GOES-East, Ouragan Dorian au 1er septembre 2019,

Le 3 septembre, l’ouragan Dorian – de catégorie 5 - a ravagé les Bahamas durant 24 heures. Le lendemain l’ouragan, déclassé en catégorie 2, longeait les côtes de la Floride où se trouve la centrale nucléaire de Ste Lucie. Il faut savoir que ces phénomènes naturels, même de grande ampleur, sont pris en compte dès la conception d’une centrale.

Les Etats-Unis disposent du plus grand parc nucléaire au monde avec 98 réacteurs en exploitation (65 réacteurs à eau bouillante et 33 réacteurs à eau pressurisée). Le pays est aussi régulièrement le théâtre de catastrophes naturelles : tornades, ouragans, inondations, canicules, etc. Les centrales nucléaires sont adaptées à leur milieu : les installations sur la côte atlantique et dans le Golfe du Mexique sont conçues pour résister aux ouragans, les réacteurs proches des rivières prennent en compte le risque d’inondation etc. Les enceintes des réacteurs sont conçues pour résister au vent mais aussi aux possibles objets qui viendraient s’y écraser.

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Windy.com, position de Dorian à 16 h (heure française) mercredi 4 septembre

Pour plus de précisions sur les phénomènes météorologiques et les mesure de sûreté qui y sont associées, notons la différence entre une tempête et un ouragan. Selon l’échelle de Saffir-Simpson (1969) les vents d’une « tempête » (Storm) sont inférieurs à 118 km/h. Au-delà, on trouve cinq catégories d’ouragan (Hurricane) dont celle des super-cyclones avec des vents supérieurs à 249 km/h. L’arrêt d’un réacteur est décidé dès la formation d’un ouragan de première catégorie.

En août 2017, les deux réacteurs de la centrale de South Texas Project, située à 145 km de Houston, avaient fonctionné à pleine capacité lors de la tempête Harvey. Deux semaines plus tard, la Floride fut touchée par l’ouragan Irma, et là encore la sûreté des centrales avait été assurée.

Un suivi minutieux des opérations

L’autorité de sûreté nucléaire surveille en permanence la formation d’ouragans et leur itinéraire supposé. Dès l’arrivée d’un ouragan de catégorie 1, les réacteurs sont arrêtés par mesure de précaution. Le matériel susceptible d’être emporté par le vent est mis à l’abri, les dispositifs d’urgence sont inspectés par la NRC et les effectifs sont renforcés. Des inspecteurs supplémentaires sont envoyés dans la centrale en alerte et des vivres sont stockés au cas où des axes de communication seraient submergés ou détruits. Des responsables de l’Autorité de sûreté sont également envoyés au cœur des centres de crise régionaux deux jours avant l’arrivée de l’ouragan. Pour finir le redémarrage du réacteur ne se fait seulement que lorsque l’Autorité de sûreté donne son feu vert.

« Les centrales sont parmi les installations les plus robustes des Etats-Unis », note Jon Wentzel, vice-président du service de communication de l’Institut de l’Energie Nucléaire (NEI). Une fois la tempête passée, la priorité de l’exploitant est généralement de remettre en état les lignes à haute-tension afin de fournir de l’énergie prioritairement aux hôpitaux, aux services de secours et aux habitants.