14.01.2019

EPR Taishan, AP1000 Hayang II…, les ambitions de la Chine pour une énergie décarbonée

Haiyang II
Par Pierre d'Herbès

Le 9 janvier 2018 à 16h00 (heure locale), le réacteur Hayang II, en Chine dans la province du Shandong, achevait les 168 heures de fonctionnement continu à pleine puissance. Il s’agissait de la dernière étape avant que les autorités chinoises considèrent le réacteur comme opérationnel.

Selon la State Power Investment Corporation (SPIC), une des plus grandes compagnies de production d’électricité chinoise, le réacteur remplit à présent les conditions d’exploitation commerciale. Cet évènement porte désormais le parc nucléaire chinois à 46 réacteurs nucléaires, fournissant ainsi près de 4 % de l’électricité du pays. Ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin, la Chine prévoit d’augmenter son parc à 57 réacteurs d’ici à 2030 portant à 130 GW, la capacité de production installée, soit 6 à 7 % du mix électrique.

Cette montée en puissance de l’énergie nucléaire provient notamment de la prise de conscience de la Chine de son degré de pollution atmosphérique. Historiquement, très dépendante des énergies fossiles pour assurer sa production électrique (70 % de son mix en 2017), la Chine voit de nombreuses aires urbaines totalement saturées par la pollution atmosphérique, noyées sous le « smog ». Devant soutenir sa croissance tout en limitant les émissions, pour des raisons de santé publique, la Chine opte naturellement pour le nucléaire, une énergie sûre, bas carbone, disposant d’une production massive, disponible 24h/24.

Depuis la pose de la première pierre de la centrale de Qinshan en 1985, le programme nucléaire chinois s’est accéléré. Notamment sous l’impulsion de Xi Jinping en 2012, pour des raisons autant économique qu’environnementale.  Aujourd’hui l’Empire du Milieu a mis en service le premier EPR du monde, fourni par la France, et se hisse progressivement au statut de pays moteur du nucléaire mondial.