04.03.2019

La Corée du Sud active sur le marché mondial du nucléaire

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Par la rédaction

Grand pays nucléaire, avec le 6ème parc électrique mondial en capacité installée, la Corée du Sud prévoit d’abandonner le nucléaire si l’on se fie au contenu de son 8ème plan à long terme, annoncé en 2017. Toutefois, l’énergéticien coréen KEPCO fait preuve d’un grand activisme à l’étranger, au point d’être un des premiers acteurs mondiaux de l’atome.

L’événement de Fukushima, les affaires de falsification de dossiers de sûreté et les risques de séismes ont fait baisser la confiance des Coréens dans l’atome, même si l’arrêt du nucléaire est prévu dans un horizon lointain, en 2060. Toutefois, la Corée ne semble pas vouloir perdre le dynamisme qui la caractérise à l’export. KEPCO, l’un de ses fleurons nationaux, est un important électricien de stature mondiale. Il a été confirmé par les Emirats Arabes Unis pour la construction, lancée en 2009, de 4 réacteurs APR 1400[1] (Advanced Pressurised Reactor 1400 MW) à Abu Dhabi.

L’annonce, en 2017, du 8ème plan à long terme par le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, laissait craindre une perte progressive de compétences et un désengagement du pays dans les marchés mondiaux de l’énergie nucléaire. Pourtant, l’actualité prouve le contraire. Le 26 février 2019, KEPCO Engineering & Construction Compagny[2] ont annoncé la signature d’un accord avec la Société tchèque UJV Rez afin d’approfondir leur coopération dans la recherche et le développement de centrales nucléaires, dans les domaines de la conception, de la production ou de la sûreté. Outre UJV Rez, KEPCO veut renforcer sa coopération avec d’autres entreprises liées au nucléaire en République Tchèque. Plus récemment encore, c'est sa filiale KHNP qui se positionnerait pour la relance de la construction d'une centrale nucléaire de 2 000 MW à Béléné en Bulgarie.

Cet accord positionne avantageusement la Corée du Sud dans ce pays d’Europe centrale qui compte poursuivre dans le nucléaire civil. S’il ne s’agit pour le moment que d’un contrat de coopération, il marque la volonté de développement de KEPCO et de la Corée du sud dans la filière nucléaire à l’export et ce malgré l’échec de KEPCO, en 2018, dans la reprise du projet de centrale nucléaire à Moorside (projet NucGen de Toshiba) au Royaume-Uni.

Plus récemment, le 27 février 2019, aux Émirats Arabes Unis, par l’entremise du Président sud-coréen, un nouveau souhait de coopération dans les domaines du nucléaire et de la high tech s’est engagé. Les deux pays ont clairement manifesté leur intention de renforcer leur partenariat nucléaire stratégique au-delà de la centrale de Barakah, voire de travailler en coopération dans des pays tiers dans le cadre de la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de centrales nucléaires. Cette annonce fait suite à plusieurs accords et prises de participations entre KEPCO et ENEC ( Emirates Nuclear Energy Corporation) dans les domaines du cycle du combustible nucléaire, la construction et l’exploitation de centrales, l’assistance technique et le développement international. Par ailleurs KEPCO s’est positionné sur les appels d’offres du Royaume saoudien qui compte construire 16 réacteurs nucléaires dans les vingt prochaines années.

 

 

1.

 Réacteurs type REP

 

2.

Filiale de KEPCO chargée de la conception et la construction des centrales nucléaires de la société.