19.11.2019

Les compétences dans le nucléaire français, le défi de demain

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Par Maruan Basic SFEN - Crédit photo ©EDF - Meires Christophe

Le rapport de Jean-Martin Folz, présenté le 28 octobre 2019, soulève le problème de perte de compétences qui ont conduit, entre autres, aux difficultés (surcoûts, dépassement des délais) du chantier de EPR de Flamanville. Le nucléaire est une industrie de pointe, où les niveaux de qualifications sont exigeants et élevés, du soudeur à l’ingénieur. L’avenir de la filière reposera donc sur sa capacité à former les spécialistes de demain.

« Une perte de compétence généralisée » c’est ainsi que le rapport Folz résume la difficile situation dans laquelle se trouve la troisième filière industrielle du pays. Entre le chantier de la deuxième tranche de Civeaux en 1991 et le début du chantier de l’EPR de Flamanville en 2007, se sont près de 16 ans qui se sont écoulés. Dans le même temps la France s’est progressivement désindustrialisée, au gré des délocalisations et de la mondialisation. Le secteur industriel français comptait 4.551.000 emplois salariés en 1989, il n'en comptait plus que 3.180.000 en 2017 soit une diminution de 30 % selon l’INSEE. Le tout a été accompagné par une dévalorisation générale des métiers de la métallurgie, et une pyramide des âges qui n’a pas permis de transmettre les compétences entre les générations. Cette situation est emblématique pour le métier de soudeur, une profession particulièrement sous tension en France, identifiée dans la dernière étude de la SFEN parue au printemps 2019.

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Pourtant, le nucléaire recrute. Depuis 2010, les entreprises de la filière nucléaire ont engagé une période de recrutement sans précédent : près de 8 000 emplois[1] sont à pouvoir chaque année jusqu’en 2020. Techniciens ingénieurs, chercheurs, tous les métiers et tous les domaines sont concernés : sécurité, sûreté nucléaire, radioprotection, environnement, maintenance, démantèlement, exploitation, management de projets, informatique, numérique, financier, etc.

Une attention toute particulière est accordée aux femmes. A titre d’exemple, aujourd’hui les femmes représentent 22,5 % de l’effectif de Framatome. Chez Orano, sur l’ensemble des personnes recrutées en France, en 2017, 40 % étaient des femmes.

Des campus de formations dédiés

Pour assurer le renouvellement des compétences, le groupe EDF dispose de plusieurs sites de formation en France. EDF développe en permanence son réseau de campus, lieux d’échanges et d’apprentissage, où se côtoient collaborateurs, stagiaires, alternants et cadres dirigeants. A Flamanville, le campus de formation s’agrandit avec le début des travaux d’un nouveau bâtiment dédié, notamment, à la formation en radioprotection et en secourisme. Le bâtiment, prévu pour être opérationnel en 2021, accueillera également une salle de réalité virtuelle.

Selon François Nogué, directeur des ressources humaines d’Orano « démarrer sa carrière dans le nucléaire est une formidable carte de visite ». La filière française est reconnue mondialement pour son excellence et son haut niveau de qualification, malgré les difficultés citées régulièrement sur le chantier de l’EPR de Flamanville.

Des hauts niveaux de qualification qui tirent l’industrie française vers le haut

Les hommes et les femmes du nucléaire sont deux fois plus qualifiés que la moyenne de l’industrie et les deux tiers des effectifs sont cadres ou ETAM[2]. Fort de ce savoir-faire qu’ils ont acquis, les employés du secteur peuvent ensuite travailler dans d’autres filières industrielles de pointe comme l’aéronautique, l’industrie spatial, l’environnement… Une force que la filière nucléaire souhaite dorénavant retenir.

A l’heure de la transition énergétique, où le nucléaire a toute sa place en tant que technologie bas carbone, entrer dans ce secteur c’est se donner la possibilité d’y faire une carrière longue, riche, et passionnante. C’est aussi contribuer à un projet collectif: celui de construire une société post-carbone.

[1] GIFEN

[2] Employés, techniciens et agents de maitrise