24.09.2019

Pour le climat, plus d’énergie nucléaire

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La rédaction (SFEN) - Crédit photo ©PLBthetoonist

Ce lundi 23 septembre, s’ouvrait à New York le sommet Action-climat des Nations Unies pour relever les défis du changement climatique. Bien que de plus en plus de citoyens, dans le monde, demandent des actions concrètes en faveur du climat à leur gouvernement, l’énergie nucléaire, la seule énergie bas carbone, pilotable 24h/24, est remplacée le plus souvent, non pas par des énergies renouvelables, mais par des énergies fossiles, en particulier le gaz, fortement émetteur de CO2.

L’énergie nucléaire est une source d’énergie bas carbone reconnue. Le GIEC établit la médiane des émissions du nucléaires au niveau mondial à 12g/kWh et la France se trouve dans la fourchette basse (jusqu-à 4-5 g/KWh selon certaines études), grâce notamment au renouvellement de ses équipements industriels dans l’amont du cycle.

Tous les pays ont besoin d’un socle énergétique, pilotable et disponible 24/24 ; ce socle assurant la sécurité énergétique d’un pays. Ce socle d’énergies pilotables se compose d’énergie nucléaire ou/et d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). A ce socle viennent se greffer les énergies renouvelables à production variable dont la production dépend des aléas météorologiques.

La hausse des émissions de gaz à effet de serre avérée après la fermeture de centrales nucléaires

Dans le monde, la fermeture de centrales nucléaires est devenue synonyme de hausses d’émissions de gaz à effet de serre que ce soit au Japon, aux Etats-Unis ou en Allemagne, et ce malgré des investissements colossaux dans ce pays, de l’ordre de 500 milliards d’euros sur 10 ans.

En 2014-2015, dans la Nouvelle-Angleterre[1] aux Etats-Unis, l’arrêt de la centrale nucléaire du Vermont a vu sa perte de production d’électricité d’origine nucléaire, palliée par l’approvisionnement en gaz et un retour inéluctable à la hausse des gaz à effet de serre.

 

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Autre exemple récent, la fermeture le 20 septembre de l‘unité 1 de la centrale nucléaire de Three Mile Island (TMI) en Pennsylvanie. En 2018, cet Etat était le deuxième producteur d’énergie nucléaire du pays où l’atome fournissait 39 % de l’électricité grâce à ses neufs réacteurs nucléaires.

Selon la « US Energy Information Administration », au cours des deux dernières années, le réacteur 1 de 819 MW a généré plus de 14 milliards de kWh, et sur l’ensemble de sa production - avec une fiabilité supérieure à 90 %, plus de 240 milliards de kWh. Selon Forbes, ce réacteur a permis de compenser « plus de 95 millions de tonnes de carbone, l’équivalent de l’émission de 20 millions de voitures ».

L’exploitant Exelon avait annoncé sa fermeture en 2017, « à moins que l'État n'intervienne avec un sauvetage financier d'environ un penny le kWh, soit moins de la moitié des subventions accordées aux énergies renouvelables, même si celles-ci ne génèrent qu'une fraction de l'énergie à faible émission de carbone, comparativement à TMI ».  En effet, ces deux dernières années, l’énergie solaire a produit moins de 0,2 milliard de kWh et l’énergie éolienne un peu plus de 0,7 milliard de kWh. A noter que cet Etat est aussi le troisième producteur de charbon du pays (2017) et le deuxième exportateur du pays. Les sols sont également riches en gaz, notamment en gaz de schiste. L’absence de soutien à la filière nucléaire a privilégié les intérêts économiques au détriment du climat, de l’environnement et de la santé des habitants, malgré 67 % des Pennsylvaniens qui affirment que le changement climatique est actuellement à l'origine de problèmes et malgré 68 % des sondés qui souhaitent que l'État en fasse plus pour y remédier.

[1] Région du Nord-Est USA, Maine, Vermont, New Hampshire, Massachusetts, Connecticut et Rhode Island