13.09.2018

Assouplissement réglementaire en vue pour les SMR ?

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Par la rédaction et l'Ambassade de France aux Etats-Unis

Pour le gendarme nucléaire américain, la NRC, le nouveau paradigme introduit par les SMR pourrait justifier de revoir certaines réglementations entourant les centrales nucléaires.

La NRC confirme que pour les SMR la réduction de l’EPZ pourrait être envisageable…

Après la confirmation, intervenue en janvier 2018, que le SMR de NuScale n’aurait pas besoin de diesel de secours, la NRC donne un nouveau signal positif au développement des SMR en approuvant dans une audience préliminaire les conclusions de Tennessee Valley Authority (TVA), selon lesquelles l’augmentation de la sûreté passive et la réduction du terme source des SMR pourraient permettre d’envisager une réduction de l’Emergency Planning Zone (EPZ) en dessous des 10 miles en vigueur. C’est dans le cadre de l’examen de la demande d’Early Site Permit, déposée par TVA en 2016 pour la construction potentielle de SMR à Clinch River dans le Tennessee, que la NRC a présenté cette première conclusion. Comme TVA n’a pas choisi de technologie spécifique, ces premières réflexions résultent de la prise en compte des caractéristiques des SMR de NuScale, BWXT, Holtec et Westinghouse. Une autorisation réelle de réduction de l’EPZ ne pourra ensuite (éventuellement) être octroyée qu’en étudiant une demande de COL, basée sur une technologie spécifique retenue pour la construction. Il n’en reste pas moins que ceci démontre que la NRC est prête à étudier des requêtes qui sortent du cadre réglementaire ordinaire, ce qui permettra peut-être aux exploitants de réaliser des économies importantes et donc de faciliter le développement et le déploiement des SMR.

… et envisage de supprimer les « responders » pour les SMR et les réacteurs avancés

Une autre recommandation du staff de la NRC pourrait également avoir un impact important : la possibilité de réduire la « force de sécurité » sur les sites des SMR ou des réacteurs avancés, via en priorité la suppression des « responders » armés (ces équipes de primo-intervenants dont l’unique rôle est d’attendre une attaque éventuelle et d’aller contrer les assaillants). Dans un document transmis aux commissaires, le staff de la NRC suggère que les caractéristiques de sûreté passive, de terme source faible, ainsi que le fait que beaucoup de ces réacteurs seraient construits enterrés, devrait pousser la NRC à étudier la réduction de la protection physique sur les sites, une demande de longue date de l’industrie nucléaire, qui pourrait selon le NEI permettre d’économiser 5 M$ par an et par centrale. Les centrales conserveraient néanmoins du personnel armé. D’ores et déjà la NRC aurait engagé des discussions avec NuScale et TVA pour connaitre leur position sur le sujet.

Cet article est un résumé d'articles parus dans la presse. Il n'engage en aucun cas ni la responsabilité de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, ni celle de son Service nucléaire.

Légende photo : Third Way